Livre de la société (sharika)
512 – Ils s’accordent unanimement que la société valable est celle où chacun des deux associés met à disposition un capital équivalent à celui de son partenaire, en dinars ou en dirhams, puis mêle son apport à celui de l’autre de sorte qu’ils ne se distinguent plus. Ils conviennent ensuite d’acheter et de vendre les marchandises qu’ils jugeront opportunes, avec la stipulation que tout bénéfice supplémentaire revient à tous deux et que toute perte est supportée par eux deux. Dès lors qu’ils procèdent ainsi, la société est valide.
513 – Ils s’accordent unanimement qu’aucun des deux n’a le droit d’acheter ou de vendre sans l’autre, à moins que chacun n’ait donné à son associé l’autorisation d’agir selon ce qu’il estime approprié. Si cette autorisation réciproque est accordée, chacun d’eux agit à la place de l’autre et traite seul jusqu’à ce que son associé la lui retire.
514 – Ils s’accordent unanimement que, si l’un des deux meurt, la société est dissoute.
515 – Ils s’accordent unanimement que la société constituée à partir de marchandises (ʿurûḍ) n’est pas permise. Seul Ibn Abî Laylâ s’en est écarté, la jugeant permise.
Livre du nantissement (rahn)
516 – Ils s’accordent unanimement que le nantissement est licite aussi bien en voyage qu’en séjour. Mujâhid, toutefois, a fait exception en déclarant qu’il n’est pas licite en séjour.
517 – Ils s’accordent unanimement que le nantissement n’est établi qu’après la prise de possession effective du gage ; si le constituant refuse de laisser le créancier gagiste prendre possession, il ne peut y être contraint.
518 – Ils s’accordent unanimement que le constituant du gage est empêché de vendre le bien gagé, de le donner, d’en faire aumône ou de le retirer des mains du créancier gagiste tant que la créance n’est pas acquittée.
519 – Ils s’accordent unanimement que le créancier gagiste peut empêcher le constituant d’avoir des rapports avec sa servante mise en gage.
(1) Dans Al-Iqnaʿ de l’auteur (t. 1, p. 268) : « Le bénéfice revient aux deux parties. »
(2) Tradition d’Ibn Abî Laylâ : rapportée par Ibn Abî Shayba (t. 5, p. 287). D’après Wakîʿ : « Sufyân désapprouvait la société commerciale (sharika) et la muḍâraba fondée sur des marchandises, tandis qu’Ibn Abî Laylâ considérait cela licite. »
كتاب الشركة
٥١٢ - وأجمعوا على أن الشركة الصحيحة أن يُخرج كل واحد من الشريكين مالاً مثل صاحبه دنانير أو دراهم، ثُمَّ يخلطان ذلك حتى يصير مالاً واحدًا لا يتميز، على أن يبيعَا ويشتريَا ما رأيا من التجارات، على أن ما كان فيه من [فضل فلهما] (١)، وما كان من نقص فعليهما، فإذا فعلا ذلك صحت الشركة.
٥١٣ - وأجمعوا على أن ليس لأحد منهما أن يبيع ويشتري دون صاحبه، إلا أن يجعل كل واحد منهما لصاحبه أن يتحرى في ذلك بما يرى، فإن فعلا، قام كل واحد منهما مقام صاحبه، وانفرد بالبيع والشراء حتى ينهاه صاحبه.
٥١٤ - وأجمعوا أنه إذا مات أحد منهما انفسخت الشركة.
٥١٥ - وأجمعوا على أن الشركة بالعروض لا تجوز.
وانفرد ابن أبي ليلى، فقال: يَجوز (٢).
كتاب الرهن
٥١٦ - وأجمعوا على أن الرهن في السفر والحضر جائز.
وانفرد مجاهد، فقال: لا يَجوز في الحضر.
٥١٧ - وأجمعوا أن الرهن لا يكون إلا مقبوضًا، فإن امتنع الراهن أن يقبض المرتَهن الرهن لم يُجبَرْ على ذلك.
٥١٨ - وأجمعوا على أن الراهن ممنوع من بيع الرهن، وهبته، وصدقته، وإخراجه من يد من رهنه حتى يبرأ من حق المرتَهن.
٥١٩ - وأجمعوا على أن المرتَهن يمنع الراهن من وطء أَمته المرهونة.
(١) في الإقناع للمصنف (رحمه الله) (١/ ٢٦٨): [الربح فبينهما].
(٢) أثر ابن أبي ليلي: أخرجه ابن أبي شيبة (٥/ ٢٨٧) قال حدثنا وكيع قال: كان سفيان يكره الشركة والمضاربة بالعروض، وكان ابن أبي ليلى يقول: لا بأس به.