les inclinateurs et prosternés : ce sont les prieurs, et la pureté (1) est une condition préalable à la prière, d’un commun accord des musulmans, tandis que la femme en état de menstrues n’accomplit pas la prière, ni en rattrapage ni à son heure.
Reste le circumambulant : doit-on le rattacher au retirant (muʿtakif), à l’orant, ou bien constitue-t-il une troisième catégorie intermédiaire ? Voilà (2) un domaine d’ijtihād (3).
Quant à la parole : « Le tawāf autour de la Maison est une prière », elle n’est pas authentiquement établie du Prophète – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui –, mais elle est solidement rapportée d’Ibn ʿAbbās (4). Elle a certes été transmise sous forme marfūʿ (5), et (6) certains jurisconsultes ont rapporté d’Ibn ʿAbbās qu’il a dit : « Si quelqu’un accomplit le tawāf autour de la Maison alors qu’il est en état de janābah, il lui incombe d’offrir un sang (7). »
(1) Dans le manuscrit A : « والطهارات » (waṭ-ṭahārāt, « et les purifications »).
(2) Le mot « هذا » (« ceci ») est supprimé dans le manuscrit C.
(3) Dans A et B : « نزاع » (nizāʿ, « dissension »).
(4) L’expression « عن ابن عباس » (« d’après Ibn ʿAbbās ») est omise dans B.
(5) Quant au hadith marfūʿ (élevé au rang de parole prophétique) : il est rapporté par Aḥmad (n° 15423) et al-Nasāʾī (n° 2922) d’un homme ayant connu le Prophète ﷺ. Al-Tirmidhī (n° 960) le transmet, dans une formule proche de celle-ci, d’après Ibn ʿAbbās, également marfūʿ. La version mawqūf (interrompue) sur Ibn ʿAbbās est rapportée par al-Bayhaqī (n° 9305). Un groupe de muhāfiẓīn a favorisé cette version mawqūfa : an-Nasāʾī, ad-Daraqṭnī, al-Bayhaqī, an-Nawawī et Ibn Taymiyya.
(6) Dans le manuscrit D, on trouve ajouté le mot « عن ».
(7) Certains jurisconsultes hanafites citent ce hadith d’après Ibn ʿAbbās : al-Kāsānī dans Badāʾiʿ al-ṣanāʾiʿ (t. 2, p. 129) et al-Marghīnānī dans al-Hidāya (t. 1, p. 161). Dans At-Tanbīh ʿalā Mashākil al-Hidāya (t. 3, p. 1113), un auteur hanafite observe : « Je n’en trouve aucune mention dans les livres de ḥadīth, à ma connaissance », et Ibn Ḥajar, dans Ad-Dirāya (t. 2, p. 41), : « Je ne l’ai pas trouvé ».