Et quiconque affirme que (1) « Allāh et les croyants te suffisent » s’est égaré ; pire encore, sa parole relève de la catégorie de la mécréance, car Allāh, Lui seul, est (2) le Suffisant de tout serviteur croyant (3), al-Ḥasb signifiant « Celui qui suffit », comme le Très-Haut a dit :
« Allāh n’est-Il pas suffisant pour Son serviteur ? » (az-Zumar, 36).
Allāh – exalté soit-Il – possède un droit dans lequel nulle créature ne peut partager : les actes d’adoration, l’exclusivité (al-ikhlāṣ), le tawakkul, la crainte, l’espérance, le ḥajj, la ṣalāh, la zakāt, le ṣawm et la ṣadaqah.
Quant au Messager, il a son droit : croire en lui, lui obéir, suivre sa Sunnah, se montrer loyal envers ses alliés, s’opposer à ses ennemis, et le faire primer, dans l’amour, sur la famille, les biens et la personne même, comme il – paix et salut d’Allāh sur lui – a dit :
« Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, nul d’entre vous ne croit vraiment tant que je ne suis pas plus aimé de lui que son enfant, son père et l’ensemble des gens. » (4)
Mieux encore, il est obligatoire de faire passer le jihād qu’il a ordonné avant tout cela, ainsi que l’a dit le Très-Haut :
« Dis : “Si vos pères, vos fils, vos frères, vos épouses, votre clan et des biens… » (at-Tawbah, 24).
(1) L’expression « al-maʿnā anna » est omise dans les manuscrits B, C et D.
(2) « waḥdahu huwa » se lit dans le manuscrit C sous la forme « huwa waḥdahu », tandis que « huwa » est omis dans le manuscrit D.
(3) Dans le manuscrit B, on trouve « min al-muʾminīn », et l’expression « ʿabd muʾmin » est rendue dans les manuscrits C et D par « muʾmin bihī ».
(4) Rapporté par al-Bukhārī (14) d’après le hadith d’Abū Hurayra (qu’Allah l’agrée). Al-Bukhārī (15) et Muslim (44) l’ont également rapporté d’après un récit analogue d’Anas.
ومَنْ قالَ:
إنَّ المعنى أنَّ
(١)
اللهَ والمؤمِنِينَ حَسْبُكَ، فقدْ ضَلَّ، بَلْ قولُهُ مِنْ جنسِ الكُفْرِ؛ فإنَّ اللهَ وحدَه هو
(٢)
حَسْبُ كلِّ عبد مؤمن
(٣)
، والْحَسْبُ الكافِي،
كما قالَ تعالَى:
{أَلَيْسَ اللَّهُ بِكَافٍ عَبْدَهُ}
[الزمر: ٣٦]
.
ولِلَّه تعالَى حقٌّ لا يَشْرَكُهُ فيه مخلوقٌ؛ كالعباداتِ، والإخلاصِ، والتوكُّلِ، والخوفِ، والرجاءِ، والحجِّ، والصلاةِ، والزكاةِ، والصيامِ، والصدقةِ.
والرسولُّ لَهُ حَقٌّ؛ كالإيمانِ بِهِ، وطاعتِه، واتِّبَاعِ سُنَّتِهِ، ومُوَالَاةِ مَنْ يُوَالِيهِ، ومُعَادَاةِ مَنْ يُعَادِيهِ، وتقديمِهِ في المحبَّةِ علَى الأهلِ والمالِ والنفسِ،
كمَا قَالَ صلَّى اللَّهُ عليهِ وسلَّمَ:
«وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ، لَا يُؤْمِنُ أَحَدُكُمْ حَتَّى أكُونَ أَحَبَّ إِلَيْهِ مِنْ وَلَدِهِ وَوَالِدِهِ وَالنَّاسِ أَجْمَعِينَ»
(٤)
.
بَلْ يَجِبُ تقديمُ الجِهَادِ الَّذِي أَمَرَ بِهِ علَى هذَا كلِّه،
كمَا قالَ تعالَى:
{قُلْ إِنْ كَانَ آبَاؤُكُمْ وَأَبْنَاؤُكُمْ وَإِخْوَانُكُمْ وَأَزْوَاجُكُمْ وَعَشِيرَتُكُمْ وَأَمْوَالٌ
(١) قوله: (المعنى أنَّ): سقط من (ب) و (ج) و (د).
(٢) قوله: (وحده هو): هو في (ج): (هو وحده)، وقوله: (هو): سقط من (د).
(٣) في (ب): (من المؤمنين)، وقوله: (عبد مؤمن): هو في (ج) و (د): (مؤمن به).
(٤) رواه البخاري (١٤)، من حديث أبي هريرة رضي الله عنه. وأخرج البخاري (١٥) ومسلم (٤٤) من حديث أنس بنحوه.