que les actes d’adoration (1) qu’Allah a prescrits ; car cela ne relève pas de la religion.
C’est pourquoi les imams parmi les savants tenaient pour une innovation blâmable le voyage entrepris pour visiter les tombes des Prophètes et des vertueux. Selon l’avis le plus correct, cela n’est pas légiféré.
Certains de ceux qui ont adopté cette opinion sont même allés jusqu’à affirmer que celui qui se met en route pour un tel voyage ne raccourcit pas (2) la prière (3), parce qu’il s’agit d’un voyage de désobéissance.
De même, quiconque se rend (4) en un lieu déterminé afin de demander quelque chose à une créature à laquelle ce lieu est rattaché – telle une tombe ou un maqâm –, ou afin de rechercher auprès d’elle protection et autres choses semblables, commet là un acte de polythéisme.
(1) Sa mention de « lighayri al-ʿibādāt » : dans (ب) on lit « liʿibāda ».
(2) Sa mention de « fīhi » a été omise dans (ج) et (د).
(3) Cheikh al-Islām déclare dans Majmūʿ al-fatāwā (t. 27, p. 184) : « Quiconque voyage uniquement pour visiter les tombes des prophètes et des pieux : peut-il raccourcir sa prière ? Deux avis sont reconnus :
– Le premier, adopté par les savants anciens qui refusent le qasr lors d’un voyage pécheur – tels Abū ʿAbd Allāh Ibn Baṭṭa, Abū l-Wafāʾ Ibn ʿAqīl et bien d’autres –, estime que le qasr n’est pas permis dans un tel voyage car il est prohibé ; tel est également le madhhab de Mālik, al-Shāfiʿī et Aḥmad : un voyage interdit par la Charia n’ouvre pas droit au qasr.
– Le second avis admet le qasr ; il est soutenu par ceux qui autorisent le raccourcissement dans un voyage blâmable, tels Abū Ḥanīfa, ainsi que par certains tardifs parmi les partisans d’al-Shāfiʿī et d’Aḥmad qui jugent licite le voyage pour visiter les tombeaux des prophètes et des pieux – notamment Abū Ḥāmid al-Ghazālī, Abū l-Ḥasan Ibn ʿAbdūs al-Ḥarrānī et Abū Muḥammad Ibn Qudāma al-Maqdisī – ; selon eux, ce voyage n’est pas illicite. »
(4) Dans (د) : « qaṣd ».