Le Prophète — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — interdit de vendre les fruits avant qu’ils ne soient pesés (1), c’est-à-dire avant qu’ils ne soient estimés et que leur quantité soit déterminée. On dit : « j’ai mis deux choses en balance » (muwâzanatan ou wizânan) ; et « celle-ci fait équilibre à celle-là » lorsqu’elle en a le même poids ou qu’elle lui correspond. L’expression « wazn al-jabal » désigne un versant de la montagne, tandis que « waznat al-jabal » renvoie à ce qui lui fait face.
Allah — Très-Haut — a dit : « Allah est Celui qui a fait descendre le Livre en toute vérité ainsi que la Balance » (ash-Shûrâ, 17). La majorité des exégètes expliquent que la Balance signifie l’équité ; d’autres ont dit qu’il s’agit de l’instrument servant à peser, notion plus générale qui englobe ce par quoi l’on pèse aussi bien les corps lourds que légers (2).
Il — exalté soit-Il — a encore dit : « Nous allons te révéler une parole lourde » (al-Muzzammil, 5). Le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit : « Je laisse parmi vous les deux poids, l’un plus considérable que l’autre : le Livre d’Allah et ma descendance, les membres de ma Famille » (3). Il qualifia ainsi le Coran de « poids ».
Le Très-Haut a également dit : « Et la terre fera sortir ses fardeaux » (az-Zalzala, 2). On dit : « Donne-lui son thiql », c’est-à-dire son poids ; « ath-thaqalân » désigne les djinns et les hommes ; et le « mithqâl » d’une chose est ce qui l’équilibre par son semblable.
Le propos ici est que le musulman dont les bonnes et les mauvaises actions ont été pesées, soit toutes ensemble dans une même balance — comme dans le ḥadîth du feuillet —, soit parce que leur mesure a été connue