et Son Messager. » (1)
Et combien de dévots ascètes portent pourtant dans leur cœur tant d’innovation et d’orgueil qu’ils se trouvent écartés de la Sunnah ! L’innovation est, en vérité, plus grave que les péchés majeurs, ainsi que l’a déclaré Sufyân ath-Thawrî :
« L’innovation est plus chère à Iblîs que la désobéissance ; de la désobéissance on se repent, tandis que de l’innovation on ne se repent pas. » (2)
Nous implorons donc Allah — Très-Haut — de nous guider et de nous affermir sur Sa religion et sur la Sunnah de Son Prophète ﷺ, et de faire de nous des suiveurs résolus, attachés aux traces de Ses Compagnons — qu’Allah les agrée. Qu’Allah prie sur notre Prophète Muḥammad, ainsi que sur sa famille et l’ensemble de ses Compagnons, et qu’Il leur accorde paix et salut.
[Description de l’épître]
Cette section a été partiellement imprimée dans le recueil des Fatâwâ de Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyyah — qu’Allah lui fasse miséricorde — et se trouve au tome 10, page 625. Il manque cependant près de la moitié restante de l’épître, et l’on y relève la suppression de nombreux mots et phrases, ce qui nuit à la compréhension des propos de Shaykh al-Islâm, comme le constatera le lecteur.
(1) Rapporté par al-Bukhārī (n° 6780).
(2) Rapporté par Ibn al-Juʿd dans son Musnad (n° 1809). Le Shaykh al-Islām Ibn Taymiyya (qu’Allāh lui fasse miséricorde) explique que, lorsqu’on affirme « la bidʿa ne se repent pas », cela signifie que le novateur, ayant adopté pour religion une pratique non légiférée par Dieu ni par Son Messager, s’est vu embellir son acte répréhensible et l’a jugé bon. Il ne se repentira pas tant qu’il le considérera ainsi, car la première condition du repentir est de reconnaître la nature mauvaise de son acte pour s’en détourner, ou de regretter d’avoir omis un bien commandé, qu’il soit obligatoire (wājib) ou recommandé (muštaḥab), afin de se repentir et de l’accomplir. Tant qu’il estime son acte bon alors qu’il est intrinsèquement mauvais, il ne se repentira pas. Néanmoins, la repentance demeure possible et peut se réaliser si Dieu le guide et l’éclaire jusqu’à ce qu’il distingue la vérité, comme Il a guidé certains polythéistes, hypocrites et groupes de gens de bidʿa et d’égarement. Majmūʿ al-Fatāwā, vol. 10, p. 9.
ورسوله»
(١)
، وكم من عابد زاهد قد يكون في قلبه من البدعة والكبر ما يكون منحرفاً عن السنة،
فالبدعة أشد من الكبائر كما قال سفيان الثوري:
«البدعة أحب إلى إبليس من المعصية، المعصية يتاب منها، والبدعة لا يتاب منها»
(٢)
.
فنسأل الله تعالى أن يهدينا ويثبتنا على دينه وسنة نبيه صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ويجعلنا لآثار أصحابه رَضِيَ اللهُ عَنْهُمْ مقتدين متمسكين بهم، وصلى الله وسلم على نبينا محمد وعلى آله وصحبه أجمعين.
[وصف الرسالة]
هذا الفصل جزء منه مطبوع من ضمن مجموع فتاوى شيخ الإسلام ابن تيمية رحمه الله ويقع في المجلد
(١٠/ ٦٢٥)
، والجزء الآخر قد سقط منه قرابة النصف الثاني من الرسالة، وزاد الاهتمام بها حيث قد حصل سقط من الكلمات والجُمل
(١) رواه البخاري (٦٧٨٠).
(٢) رواه ابن الجعد في مسنده (١٨٠٩) قال شيخ الإسلام ابن تيمية رحمه الله: ومعنى قولهم إن البدعة لا يتاب منها: أن المبتدع الذي يتخذ دينا لم يشرعه الله ولا رسوله قد زين له سوء عمله فرآه حسنا فهو لا يتوب ما دام يراه حسنا لأن أول التوبة العلم بأن فعله سيئ ليتوب منه. أو بأنه ترك حسنا مأمورا به أمر إيجاب أو استحباب ليتوب ويفعله. فما دام يرى فعله حسنا وهو سيئ في نفس الأمر فإنه لا يتوب. ولكن التوبة منه ممكنة وواقعة بأن يهديه الله ويرشده حتى يتبين له الحق كما هدى سبحانه وتعالى من هدى من الكفار والمنافقين وطوائف من أهل البدع والضلال. مجموع الفتاوى (١٠/ ٩).