Le ḥadith du « failli » dit : « (1) Celui qui se présentera, au Jour de la Résurrection, avec des œuvres bonnes semblables à des montagnes, alors qu’il aura tué celui-ci, dérobé les biens de celui-là et bafoué l’honneur d’un autre ; chacun d’eux prélèvera donc de ses bonnes actions. » (2) Fin du ḥadith.
Or ce passage – qui concerne les droits des serviteurs – démontre que les bonnes actions sont retirées à l’auteur d’injustices ; et, lorsqu’il ne reste plus aucune bonne action, on prend des mauvaises actions de la victime pour les faire porter au tyran.
Il a encore dit :
« Quiconque détient, envers son frère, une injustice touchant le sang, les biens ou l’honneur, qu’il aille à lui, qu’il se fasse absoudre dès maintenant, avant qu’advienne un Jour où il n’y aura ni dirham ni dinar, mais seulement des bonnes et des mauvaises actions. » (3)
Cela montre que la personne tuée injustement prendra des bonnes actions de son meurtrier, ou que le meurtrier se verra charger des mauvaises actions de la victime.
L’un des deux fils d’Âdam a d’ailleurs déclaré :
« Je veux que tu portes la charge de mon péché et du tien. »
À ce propos, deux opinions réputées ont été rapportées :
- « Que tu portes la charge du péché de mon meurtre, ainsi que ton propre péché qui pèse déjà sur ton cou. » Cette interprétation est transmise d’Ibn Masʿūd, Ibn ʿAbbās, Mujāhid, Qatādah et ad-Ḍaḥḥāk.
- « Que tu endosses mon péché, c’est-à-dire mes fautes, et ton péché pour m’avoir tué. » Elle est rapportée de Mujāhid.
Ibn Jarīr a dit : « La version authentique rapportée de Mujāhid est la première opinion. » (4)