Par conséquent, l’interdiction qui le concerne ne s’énonce pas par la simple injonction : « Ne rendez pas vaines vos œuvres » (1) ; elle est plutôt exprimée sur un ton de menace appuyée, comme dans cette Parole du Très-Haut :
« Quiconque parmi vous renie sa religion… » et les versets de même teneur.
Dans ce verset, tout comme dans le verset relatif au rappel intéressé (al-mann), Allah — exalté soit-Il — qualifie l’acte d’ « annulation » (ibṭâl) et non d’ « anéantissement » (iḥbâṭ). C’est d’ailleurs pourquoi Il a aussitôt évoqué la mécréance en disant :
« Quant à ceux qui ont mécru, qui ont détourné [les gens] du sentier d’Allah, puis sont morts en état de mécréance, jamais Allah ne leur pardonnera. »
[Sourate Muḥammad, v. 34].
S’il est objecté : « Ce verset signifie : lorsque vous vous engagez dans l’œuvre, menez-la jusqu’au bout », et c’est sur ce point que s’appuient ceux qui soutiennent que la surérogation devient obligatoire dès qu’on l’entame, nous répondons : à supposer que le verset interdise d’annuler une partie de l’œuvre, il interdit a fortiori de l’annuler entièrement. D’autant plus qu’avant son achèvement, l’acte ne reçoit pas encore le nom de prière ou de jeûne ; ce n’est qu’une fois parvenu à son terme qu’il en est ainsi dénommé (2).
On dira encore : l’annulation par l’acte contraire produit son effet aussi bien avant l’achèvement qu’après. Quant à l’argument qu’ils avancent, il s’agit d’un ordre d’achèvement, alors que l’« annulation » vise l’annihilation de la récompense. Nous ne concédons pas que celui qui interrompt son jeûne ou sa prière voit l’ensemble de sa rétribution annulé ; on peut plutôt affirmer qu’il sera récompensé pour la partie déjà accomplie. Il a d’ailleurs été établi, dans le ḥadith authentique,