L’âme ; or, le polythéisme (shirk) est ce qui la corrompt le plus, tandis qu’elle se purifie par les œuvres vertueuses et l’aumône. Tout cela est mentionné par les pieux prédécesseurs au sujet de la purification (tazkiyya) (1).
Ils ont dit : « Certes a réussi celui qui s’est purifié » ; c’est-à-dire celui qui s’est lavé du polythéisme et de la désobéissance par le repentir (2).
D’après Abû Sa‘îd, ‘Atâ’ et Qatâda, il s’agit de la zakât al-fitr (3). Ces savants n’ont pas voulu signifier que le verset ne vise que la zakât al-fitr (4), mais plutôt que quiconque s’acquitte de la zakât al-fitr et accomplit la prière de l’Aïd est inclus dans la parole du Très-Haut : « Certes a réussi celui qui s’est purifié, et qui a rappelé le Nom de son Seigneur puis a prié » (Al-A‘là, 14-15) (5).
C’est pourquoi Yazîd ibn Abî Ḥabîb, chaque fois qu’il se rendait à la prière, emportait avec lui une aumône qu’il distribuait avant la prière, fût-ce un simple oignon (6).
(1) Absent de l’édition imprimée.
(2) Voir Tafsîr Ibn Jarîr al-Tabarî, t. 24, p. 319.
(3) Voir Tafsîr Ibn Jarîr al-Tabarî, t. 24, p. 320.
(4) Absent de l’édition imprimée.
(5) Absent de l’édition imprimée.
(6) Il s’agit d’un fait attribué à Abû l-Khayr Murthad b. ‘Abd Allâh al-Yaznî, renfermant un ḥadîth authentique. Rapporté par l’imâm Aḥmad (Musnad, t. 28, p. 568) — dont le texte est celui d’Aḥmad — ainsi que par Ibn al-Mubârak dans al-Zuḥd (p. 645), Ibn Khuzaima (n° 2431), Ibn Ḥibbân (n° 3310) et d’autres, par des chaînes issues de Yazîd b. Abî Ḥabîb. Selon cette transmission, Abû l-Khayr aurait rapporté qu’il avait entendu ‘Uqba b. ‘Âmir dire : « J’ai entendu le Messager d’Allâh (paix et salut sur lui) dire : “Tout homme est à l’ombre de son aumône jusqu’à ce qu’elle soit entièrement distribuée.” » Yazîd commentait : « Abû l-Khayr ne manquait pas un jour de donner quelque chose, même une galette, un oignon ou l’équivalent. » Dans une autre version chez Aḥmad (Musnad, t. 38, p. 475), d’après Yazîd b. Abî Ḥabîb : « Murthad b. ‘Abd Allâh ne venait jamais à la mosquée sans apporter un bien pour en faire l’aumône. Un jour, il arriva avec un oignon, et je lui dis : “Ô Abû l-Khayr, que veux-tu faire de cela ? Ton vêtement va en être imprégné …” »