Cela s’explique ainsi ; car, lorsqu’elle s’est élargie par la bienfaisance, la piété et l’excellence, Allah l’a dilatée et a ouvert sa poitrine (1). Quant à la turpitude et à l’avarice, elles répriment l’âme, (la rapetissent) (2) et l’avilissent, au point que l’avare sent, au fond de lui-même, qu’il est à l’étroit. Le Prophète – que les prières et le salut d’Allah soient sur lui – a exposé cela dans le ḥadith authentique en disant : « La comparaison de l’avare et du généreux est celle de deux hommes revêtus chacun d’une cotte de mailles en fer qui leur colle aux clavicules. Chaque fois que le généreux fait l’aumône, la cotte de mailles (s’élargit) (3) et se détend, jusqu’à recouvrir le bout de ses doigts et effacer sa trace ; tandis que l’avare, chaque fois qu’il se décide à donner une aumône, elle se resserre, et chaque anneau reprend sa place. J’ai vu le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – mettre son doigt dans l’ouverture de sa tunique ; s’il tentait de l’élargir, elle ne s’élargissait pas. » Rapporté par al-Bukhârî et Muslim (5), (et c’est la version de Muslim) (6). Le fait de cacher ou de révéler son habitation découle de cette même réalité. Allah, Exalté soit-Il, dit : « Il se cache aux regards des gens à cause de la mauvaise nouvelle qui lui a été annoncée ; gardera-t-il cette enfant malgré la honte ou l’enfouira-t-il dans la poussière ? » [An-Naḥl : 59]. Ainsi, l’âme avare et pervertie, son propriétaire l’a enfouie dans le corps, et une partie d’elle dans
(1) Addition dans l’édition imprimée. (2) Dans l’édition imprimée : «وَيَضَعُها». (3) Dans l’édition imprimée : «هَمّ». (4) Addition dans l’édition imprimée. (5) Rapporté par al-Bukhârî dans Kitâb al-Libâs, chapitre «Jayybu al-qamîṣ min ʿinda al-ṣadr wa ghayrihi» (n° 5779), et par Muslim dans Kitâb az-Zakâh (n° 1121), d’après le hadith d’Abû Hurayra, qu’Allâh l’agrée. (6) Omis dans l’édition imprimée.
ذلك؛ (فإنه لما اتسع بالبر والتقوى والإحسان بسطه الله وشرح صدره) (١) ، والفجور والبخل يقمع النفس (ويصغرها) (٢) ويهينها بحيث يجد البخيل في نفسه أنه ضيق. وقد بين النبي صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ذلك في الحديث الصحيح فقال: «مثل البخيل والمتصدق كمثل رجلين عليهما جبتان من حديد قد اضطرت أيديهما إلى تراقيهما، فجعل المتصدق كلما (تصدق) (٣) بصدقة (اتسعت) (٤) وانبسطت عنه حتى تغشى أنامله وتعفو أثره، وجعل البخيل كلما همّ بصدقة قلصت وأخذت كل حلقة بمكانها وأنا رأيت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول بإصبعه في جيبه فلو رأيتها يوسعها فلا تتسع». أخرجاه (٥) ، (وهذا لفظ مسلم) (٦) . وإخفاء المنزل وإظهاره تبعا لذلك، قال الله تعالى: {يَتَوَارَى مِنَ الْقَوْمِ مِنْ سُوءِ مَا بُشِّرَ بِهِ أَيُمْسِكُهُ عَلَى هُونٍ أَمْ يَدُسُّهُ فِي التُّرَابِ} [النحل: ٥٩] . فهكذا النفس البخيلة الفاجرة قد دسها صاحبها في البدن وبعضها في
(١) زيادة من المطبوع. (٢) في المطبوع: ويضعها. (٣) في المطبوع: همّ. (٤) زيادة من المطبوع. (٥) رواه البخاري كتاب اللباس باب جيب القميص من عند الصدر وغيره (٥٧٧٩)، ومسلم كتاب الزكاة (١١٢١) من حديث أبي هريرة رَضِيَ اللهُ عَنْهُ. (٦) سقط من المطبوع.