Supposons que l’on admette la possibilité que le pronom contenu dans « زكّاها » se rapporte tantôt à « نفس », tantôt à « مَنْ ». Or, le terme « مَنْ » ne comporte aucun indice imposant un tel retour ; dès lors, il convient davantage de rapporter ce pronom au féminin – dont la féminité est notoire (1) – plutôt que de le ramener à un mot susceptible d’être tantôt masculin, tantôt féminin, d’autant plus que, pris au masculin, il est le plus apparent en l’absence de tout indice de féminité. En effet, lorsque la parole (2) se prête à deux sens, il est obligatoire de la porter sur le sens le plus manifeste – celui qu’indique l’énoncé – et il n’est pas permis de la tirer vers l’autre sens sans preuve qu’il est voulu (3). Quiconque s’efforce d’autre chose s’écarte de la langue arabe authentique, et le Coran est à l’abri d’un tel procédé ; délaisser ce qu’indique le texte dans son apparence pour lui attribuer, sans preuve, un sens qu’il n’indique pas, est absolument inadmissible – que dire alors lorsqu’il s’agit d’un texte explicite quant au sens, puisque Dieu a fait savoir qu’Il inspire la piété et la perversité ? Le développement complet de cette question trouvera place ailleurs.
Le propos, ici, est d’ordonner aux gens de purifier leurs âmes (et de les mettre en garde contre) (4) (le fait de les corrompre) (5) (ainsi qu’Il l’a dit dans une autre sourate) (6) : « قَدْ أَفْلَحَ مَنْ