« قَدْ أَفْلَحَ » … et Il n’a pas dit : « قَدْ أَفْلَحَتْ ».
On leur répliqua :
Ceci, en plus de constituer une entorse à la langue arabe la plus pure, n’est recevable que lorsque le contexte l’indique clairement, comme dans Sa Parole :
« … وَمَنْ يَقْنُتْ مِنْكُنَّ لِلَّـهِ وَرَسُولِهِ وَتَعْمَلْ صَالِحًا … » (Al-Ahzâb, 31),
car l’expression « minkunna » montre (1) qu’il est question de femmes ; d’où l’emploi du verbe au féminin : « taʿmal ».
Il en va de même de Sa Parole :
« وَمِنْهُمْ مَنْ يَسْتَمِعُونَ إِلَيْكَ » (Yûnus, 42), et d’autres passages analogues.
Ici, en revanche, ni le mot « man » ni ce qui le suit n’indique que l’on vise l’âme, nom féminin ; Il n’a pas dit : « قَدْ أَفْلَحَتْ », ni : « قَدْ أَفْلَحَ مِنَ النُّفُوسِ مَنْ زَكَّاهَا ».
Avant cela figure Sa Parole :
« وَنَفْسٍ وَمَا سَوَّاهَا • فَأَلْهَمَهَا فُجُورَهَا وَتَقْوَاهَا » (Ash-Shams, 7-8),
puis Il a dit :
« قَدْ أَفْلَحَ مَنْ زَكَّاهَا • وَقَدْ خَابَ مَنْ دَسَّاهَا »,
ce qui suffit à autoriser le retour du pronom féminin à ce qui le précède, sans qu’aucun indice n’établisse son renvoi à autre chose (2).
Il n’est donc pas permis d’attribuer au discours un sens qu’aucun indice n’autorise ; un tel procédé relèverait du travestissement (3), et la Parole d’Allah – Exalté soit-Il – est préservée d’une telle supercherie. Aussi, si