Livre des jugements (Kitâb al-Qaḍâʾ) 1406 – Statut de l’acceptation de la magistrature : Ibn Mufliḥ a dit : « Elle constitue un *farḍ kifâya* (obligation communautaire), tout comme la fonction d’imâm, selon l’avis le plus correct. Notre shaykh précise : le Prophète ﷺ a rendu obligatoire la désignation d’un seul responsable lorsqu’un petit groupe se réunit ponctuellement en voyage ; cette prescription vaut, par analogie, pour toutes les formes de rassemblement. Il convient donc de considérer cette nomination comme une pratique religieuse et un acte de rapprochement, car elle compte parmi les meilleures œuvres de dévotion. Si la situation de la plupart des gens s’est corrompue, c’est parce qu’ils y recherchent prestige et richesse. Quant à celui qui accomplit ce qui est à sa portée, il n’est pas tenu de ce qui dépasse ses capacités. » ⦗Al-Furūʿ 6/417 (11/97)⦘ (1). 1407 – Avantages que retire le qâḍî de sa charge : Ibn Mufliḥ rapporte : « Selon notre shaykh, les bénéfices qu’un juge tire de sa fonction ne sont pas limités par la Loi ; ils se déterminent d’après la formulation de l’acte de nomination, les circonstances et l’usage. » ⦗Al-Furūʿ 6/420 (11/100)⦘ (2). 1408 – Possibilité pour le non-mujtahid de donner des fatwas par imitation en cas de nécessité : Ibn Mufliḥ dit : « … Dans le *Targhîb*, il a retenu qu’en situation de nécessité on peut consulter un *mujtahid* (juriste capable d’ijtihâd) à l’intérieur de l’école de son imâm ; dans l’*Ifṣâḥ* et la *Râʿiya*, il a élargi la permission au *muqallid* (imitateur). On a même soutenu qu’il pouvait émettre des avis juridiques lorsque la nécessité l’impose. Ibn Bashshâr a déclaré : “Je ne blâme pas celui qui, ayant mémorisé cinq questions de l’imam Aḥmad, les utilise pour donner des fatwas.” Le sens apparent d’une narration rapportée par ʿAbd Allâh est qu’un non-mujtahid peut émettre des avis ; le qâḍî l’a mentionné, et notre shaykh a restreint cela aux cas de besoin. » ⦗Al-Furūʿ 6/422 (11/104-105)⦘ (3).
(1) Al-Ikhtiyārāt de al-Baʿlī, p. 480. (2) Al-Fatāwā, vol. 28, p. 68 ; Al-Ikhtiyārāt de al-Baʿlī, p. 480. (3) Voir Al-Maswuda, vol. 2, pp. 925-926.
كتاب القضاء ١٤٠٦ - حكم تولي القضاء: - قال ابن مفلح: (وهو فرض كفاية كالإمام، على الأصح، قال شيخنا: وقد أوجب النبي ﷺ تأمير الواحد في الاجتماع القليل العارض في السفر، وهو تنبيه على أنواع الاجتماع، والواجب اتخاذها دينا وقربة، فإنها من أفضل القربات، وإنما فسد حال الأكثر لطلب الرياسة والمال بها، ومن فعل ما يمكنه لم يلزمه ما يعجز عنه) [الفروع ٦/ ٤١٧ (١١/ ٩٧)] (١). ١٤٠٧ - ما يستفيده القاضي بولايته: - قال ابن مفلح: (وقال شيخنا: ما يستفيده بالولاية لا حد له شرعا، بل يتلقى من اللفظ والأحوال والعرف) [الفروع ٦/ ٤٢٠ (١١/ ١٠٠)] (٢). ١٤٠٨ - يجوز لغير المجتهد الإفتاء بالتقليد عند الحاجة: - قال ابن مفلح: ( ... واختار في «الترغيب»: ومجتهدا في مذهب إمامه للضرورة، واختار في «الإفصاح» و «الرعاية»: أو مقلدا، وقيل فيه: يفتي ضرورة، وقال ابن بشار: ما أعيب على من يحفظ خمس مسائل لأحمد يفتي بها، وظاهر نقل عبد الله: يفتي غير مجتهد، ذكره القاضي، وحمله شيخنا على الحاجة) [الفروع ٦/ ٤٢٢ (١١/ ١٠٤ - ١٠٥)] (٣).
(١) «الاختيارات» للبعلي (٤٨٠). (٢) «الفتاوى» (٢٨/ ٦٨) , «الاختيارات» للبعلي (٤٨٠). (٣) انظر: «المسودة» (٢/ ٩٢٥ - ٩٢٦).