1394 – Lorsqu’une personne fait le vœu de donner en aumône la totalité de ses biens :
Ibn Mufliḥ écrit : « Si celui pour qui l’aumône est recommandée fait vœu – dans l’intention de se rapprocher d’Allah – de distribuer ses biens en aumône, le tiers de sa fortune suffit pour s’acquitter du vœu, selon la version expresse du madhhab. D’après une autre transmission, il doit en donner la totalité. Al-Rauḍa précise : parmi les vœux d’obéissance, il n’existe aucun autre cas où l’on puisse se contenter d’en accomplir une partie, hormis celui-ci. Plusieurs auteurs ont justifié cette dérogation par le fait qu’il est déconseillé de se dépouiller entièrement de ses biens. Les tenants de la seconde opinion s’appuient sur le hadith : « Quiconque a fait vœu d’obéir à Allah, qu’il Lui obéisse. » Une troisième version rapporte que le vœu ne porte que sur l’argent liquide. Selon la préférence de notre shaykh, chacun est tenu d’agir à la mesure de la résolution qu’il avait au moment du vœu. ⦗Al-Furūʿ 6/398 (11/71-72)⦘.
1395 – Affectation des biens issus de ce vœu :
Ibn Mufliḥ poursuit : « Celui qui jure ou fait vœu : “Je ne renverrai jamais un solliciteur”, est, par analogie, assimilé à celui qui a juré ou fait vœu de donner ses biens en aumône. S’il ne possède que le strict nécessaire, il s’acquitte par l’expiation du serment (kaffârat yamîn). Dans le cas contraire, il donne en aumône le tiers de ce qui excède son besoin.
Un simple grain de blé ne saurait satisfaire la demande du mendiant ; l’intention réelle est déterminante. Il se peut toutefois qu’il se libère de son vœu par un seul grain de blé, la règle de l’usure se rattachant déjà à cette unité, comme le rapporte l’auteur d’al-Funūn. Un autre juriste hanbalite a dit : s’il ne trouve rien à donner, qu’il fasse au moins une promesse, car le fait de « renvoyer » ne se réalise pas lorsqu’une promesse est formulée ; on ne dira donc pas qu’il a éconduit le pauvre, le percepteur (de la zakat) ou l’endetté.
La répartition de cette aumône suit celle de la zakat, selon l’avis de notre shaykh (1). ⦗Al-Furūʿ 6/399⦘.
(1) Dans Tashih al-Furu', al-Mardawi note : « Lorsque l'auteur évoque le vœu d'aumône portant sur l'ensemble de ses biens ou une formule équivalente, il ajoute ensuite : “Son affectation obéit aux règles de la zakât, comme l’a mentionné notre cheikh.” Il s'en tient à cette assertion. Dans le chapitre sur la menstruation, après avoir présenté la kafâra relative au rapport pendant les menstrues et ses prescriptions, il précise : “Il s'agit d'une expiation ; selon la majorité, on peut la verser à un seul pauvre, à l'instar d'un vœu non restreint ; notre cheikh propose une autre lecture, et celui qui a droit à la zakât en raison de son besoin peut également en bénéficier.” Il en conclut que le vœu non restreint peut être affecté à un seul pauvre, sans mentionner d'opinion contraire. Selon al-Ashâb, les pauvres constituent le réceptacle des aumônes et des droits d'Allah issus des expiations et assimilés. Par conséquent, si une aumône n'a pas d'affectation déterminée, elle leur revient, comme dans le cas d'un vœu d'aumône non restreint. »
١٣٩٤ - إذا نذر الصدقة بماله:
- قال ابن مفلح: (وإن نذر من يستحب له الصدقة بماله يقصد القربة ــ نص عليه ــ أجزأه ثلثه، وعنه: كله، قال في «الروضة»: ليس لنا في نذر الطاعة ما يفي ببعضه إلا هذا الموضع، وعلله غير واحد بأنه تكره الصدقة بكله، واحتجوا للثانية بالخبر: «من نذر أن يطيع الله فليطعه»، وعنه: يشتمل النقد فقط، ويتوجه على اختيار شيخنا كل أحد بحسب عزمه) [الفروع ٦/ ٣٩٨ (١١/ ٧١ - ٧٢)].
١٣٩٥ - مصرف مال الصدقة المنذورة:
- قال ابن مفلح: (وإن حلف أو نذر: لا رددت سائلا، فقياس قولنا أنه كمن حلف أو نذر الصدقة بماله، فإن لم يتحصل له إلا ما يحتاجه فكفارة يمين، وإلا تصدق بثلث الزائد.
وحبة بر ليست سؤال السائل، والمقاصد معتبرة، ويحتمل خروجه من نذره بحبة بر، لتعليق حكم الربا عليها، ذكره في «الفنون»، وأن حنبليا آخر قال: إن لم يجد وعد، فإن الرد لا يتحقق مع العدة، فلا يقال: رد الفقير والساعي والغريم. ومصرفه كالزكاة، ذكره شيخنا (١)) [الفروع ٦/ ٣٩٩
(١) قال المرداوي في «تصحيح الفروع»: (تنبيه: لما ذكر المصنف إذا نذر الصدقة بكل ماله ونحوه، قال بعد ذلك: «ومصرفه كزكاة، ذكره شيخنا» واقتصر عليه، وقد ذكر المصنف في باب الحيض لما ذكر كفارة الوطء فيه، وما يجب بذلك قال: «وهو كفارة، قال الأكثر: يجوز إلى مسكين واحد، كنذر مطلق، وذكر شيخنا وجها، ومن له أخذ الزكاة لحاجته» انتهى، فجعل النذر المطلق يجوز صرفه إلى مسكين واحد، ولم يحك خلافا، وحكي عن الأصحاب أن المساكين مصرف الصدقات، وحقوق الله من الكفارات ونحوها، فإذا وجدت صدقة غير معينة الصرف انصرفت إليهم، كما لو نذر صدقة مطلقة).