1367 – Lorsqu’un serment est formulé au sujet d’un fait à venir, que l’on pense véridique, puis qu’il ne l’est pas :
1368 – Et lorsqu’on prend une femme étrangère pour quelqu’un d’autre, on la répudie, puis il apparaît qu’il s’agissait en réalité de son épouse :
Ibn Mufliḥ dit : « Même si l’on a contracté ce serment au sujet d’un fait passé (1) — et notre Shaykh ajoute : ou d’un fait futur — en croyant dire vrai alors qu’il n’en est rien, comme celui qui jure que tel homme lui donnera quelque chose et qu’il ne le fait pas, ou encore lorsqu’on se méprend sur la chose jurée en la croyant conforme à l’intention du jurant, et autres cas semblables, la question repose sur deux versions. Il en va de même pour celui qui prend une femme étrangère pour une autre, la répudie, puis découvre qu’il s’agissait de son épouse, et pour tout ce qui fait entrer en conflit l’identification apparente et l’intention. Ainsi, si son serment portait sur une triple répudiation, puis qu’il dise : « Tu es répudiée », en reconnaissant l’acte déjà survenu ou pour le confirmer, la répudiation ne prend pas effet. Mais s’il le prononce à titre constitutif (2), il l’a appliqué à celle qu’il pensait étrangère ; c’est là qu’apparaît la divergence, selon notre Shaykh. » [Al-Furūʿ 6/344-345 (10/446)].
1369 – Tout serment donne lieu à une expiation, y compris l’affranchissement et la répudiation :
Ibn Mufliḥ dit : « Tout serment requiert une expiation, tel le serment par Allah. Notre Shaykh ajoute : “même l’affranchissement et la répudiation.” Quant à savoir s’il existe, dans ces deux cas, un serment vain (*laghw*) ou non, il y a deux versions dans l’école d’Aḥmad ; son propos renvoie à ce qui a déjà été exposé. » [Al-Furūʿ 6/345 (10/446)].
(1) Dans sa hachiya sur al-Furu‘, Ibn Qandis commente l’expression « et si elle est portée sur un fait passé » jusqu’à la fin : dans al-Ikhtiyârât (Livre des serments), al-Muḥarrar précise : « Lorsqu’on prête un serment, on est convaincu de sa véracité ; si la réalité se révèle contraire, cela revient à jurer sur un fait futur et à accomplir l’acte dans l’oubli. » Abû al-ʿAbbâs ajoute que c’est un dhahûl (égarement), car, pour Abû Hanîfa et Mālik, seul le serment prêté par oubli est rompu, et non celui-ci : ce dernier ne s’est pas noué, alors que l’autre s’est formé sans équivoque. Personne n’a soutenu qu’un serment portant sur un fait susceptible de modifier son statut, de telle sorte qu’il crée une obligation (ijâb) ou une interdiction (taḥrîm), ne puisse être levé par la kafâra (expiation).
(2) Dans la première édition on lit « mansiya » ; la lecture retenue est celle de la deuxième édition et du manuscrit (p. 363).
١٣٦٧ - إذا عقد اليمين على مستقبل ظانا صدقه فلم يكن:
١٣٦٨ - وإذا ظن امرأة أجنبية فطلقها فبانت امرأته:
- قال ابن مفلح: (وإن عقدها على ماض (١) ــ واختار شيخنا: أو مستقبل ــ ظانا صدقه فلم يكن، كمن حلف على غيره يظن أنه يعطيه فلم يفعل، أو ظن المحلوف عليه خلاف نية الحالف ونحو ذلك، وأن المسألة على روايتين كمن ظن امرأة أجنبية فطلقها فبانت امرأته ونحوها مما يتعارض فيه التعيين الظاهر والقصد، فلو كانت يمينه بطلاق ثلاث، ثم قال: أنت طالق مقرا بما وقع، أو مؤكدا له، لم يقع، وإن كان منشئا (٢)، فقد أوقعه بمن يظنها أجنبية، فالخلاف، قاله شيخنا) [الفروع ٦/ ٣٤٤ - ٣٤٥ (١٠/ ٤٤٦)].
١٣٦٩ - كل يمين مكفرة حتى عتق وطلاق:
- قال ابن مفلح: (وكل يمين مكفرة كاليمين بالله، قال شيخنا: حتى عتق وطلاق، وأن هل فيهما لغو؟ على قولين في مذهب أحمد ومراده ما سبق) [الفروع ٦/ ٣٤٥ (١٠/ ٤٤٦)].
(١) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (قوله: «وإن عقدها على ماض» إلى آخره، قال في «الاختيارات» في كتاب الأيمان: قال في «المحرر»: وإن عقدها يظن صدق نفسه، فبان بخلافه فهو كمن حلف على مستقبل وفعله ناسيا، قال أبو العباس: وهذا ذهول، فإن أبا حنيفة ومالكا يحنثان الناسي، ولا يحنثان هذا، لأن تلك اليمين انعقدت بلا شك، وهذه لم تنعقد، ولم يقل أحد: إن اليمين على شيء تغيره عن صفته، بحيث توجب إيجابا أو تحرم تحريما، لا ترفعه الكفارة).
(٢) في ط ١: (منسيا)، والمثبت من ط ٢، والنسخة الخطية (ص ٣٦٣).