sur cette parole du Prophète (paix et salut sur lui) : « Celui qui, en prêtant serment par une religion autre que l’islam, ment sciemment, est exactement comme il l’a dit. »
La deuxième opinion – celle de la majorité – veut que l’engagement contracté dans un *yamîn ghamûs* ne devienne pas obligatoire, sauf s’il aurait été obligatoire dans un serment portant sur l’avenir. En effet, dans toutes les catégories de serments l’intéressé n’entend nullement devenir mécréant, ni se lier par un vœu, ni prononcer une répudiation ou un affranchissement ; lorsqu’il parle d’un fait passé, il ne cherche qu’à affirmer ou nier l’information, qu’il renforce par le serment, exactement comme il use du serment pour exhorter ou interdire dans un ordre ou une défense.
De même que les juristes distinguent, pour un acte futur, entre celui qui vise seulement le serment et celui qui veut réellement produire l’effet juridique, et que le simple jurant n’entend pas que la conséquence se réalise en cas (1) d’infraction alors que l’auteur d’un acte de disposition veut, lui, que cette conséquence se réalise, cette distinction existe aussi lorsque la condition porte sur le passé : tantôt l’intention n’est que de jurer, tantôt elle est de faire advenir l’effet. Or le simple jurant répugne à voir la sanction devenir effective ; s’il manque à son serment, qu’il ait dit vrai ou faux, il n’a pas voulu que s’accomplisse ce qu’il s’était imposé en cas de mensonge, pas plus qu’il ne le voulait dans l’exhortation ou l’interdiction.
Le Législateur n’a pas décidé que toute personne qui se charge d’une condition doive s’y soumettre, qu’elle agisse bien ou mal. C’est pourquoi personne n’est déclaré mécréant à cause du *yamîn ghamûs*, selon le consensus : il n’avait pas l’intention de nier la sacralité de la foi en Allah, mais il a commis un grand péché tout en sachant que c’en est un. La parole mensongère dans ce domaine relève, comme d’autres exemples, d’un « kufr sans sortir de l’islam » (2), et il se peut qu’une même personne porte en elle une branche de la mécréance et de l’hypocrisie. [Al-Furūʿ 6/343-344 (10/444-446)] (3)
(1) Dans l’édition 2 : «an», alors que l’édition 1 confirme cette lecture, et la version manuscrite (p. 363).
(2) Ibn Qundus, dans sa Ḥâshiya ’alâ al-Furûʿ, précise : c’est-à-dire le rapport transmis du Prophète ﷺ : «Quiconque jure par une religion autre que l’islam en mentant, qu’il soit comme il l’a dit.»
(3) Voir : al-Fatâwâ, t. 33, p. 127-129 ; t. 35, p. 324-326.
بقوله (عليه السلام): «من حلف بملة غير الإسلام كاذبا فهو كما قال».
والثاني ــ وهو قول الأكثرين ــ: أنه لا يلزمه ما التزمه في اليمين الغموس إلا إذا كان يلزمه ما التزمه في اليمين على المستقبل؛ لأنه في جميع صور الأيمان لم يقصد أن يصير كافرا ولا ناذرا ولا مطلقا ولا معتقا، لأنه إنما قصده في الماضي من الخبر التصديق أو التكذيب، وأكده باليمين كما يقصد الحض أو المنع في الأمر أو النهي، وأكده باليمين، فكما قالوا يجب الفرق في المستقبل بين من قصده اليمين وقصده الإيقاع، وأن الحالف لا يلتزم وقوعه عند (١) المخالفة، والموقع يلتزم ما يريد وقوعه عند المخالفة، فهذا الفرق موجود في التعليق على الماضي، فإنه تارة يقصد اليمين، وتارة يقصد الإيقاع، فالحالف يكره لزوم الجزاء، وإن حنث صدق أو كذب لم يقصد إيقاع ما التزمه إذا كذب، كما لم يقصد في الحض والمنع، والشارع لم يجعل من التزم شيئا يلزمه، سواء بر أو فجر، ولهذا لم يكفر باليمين الغموس إجماعا لأنه لم يقصد نفي حرمة الإيمان بالله، لكن فعل كبيرة مع اعتقاده أنها كبيرة، والقول في الخبر كنظائره كفر دون كفر (٢)، وقد يجتمع في الإنسان شعبة من شعب الكفر والنفاق) [الفروع ٦/ ٣٤٣ - ٣٤٤ (١٠/ ٤٤٤ - ٤٤٦)] (٣).
(١) في ط ٢: (عن)، والمثبت من ط ١، والنسخة الخطية (ص ٣٦٣).
(٢) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (أي: الخبر المروي عن النبي ﷺ وهو: «من حلف بملة غير الإسلام كاذبا، فهو كما قال»).
(٣) انظر: «الفتاوى» (٣٣/ ١٢٧ - ١٢٩؛ ٣٥/ ٣٢٤ - ٣٢٦).