Shaykh al-Islâm a rapporté cette opinion d’un groupe de savants dont les aspirations s’élevèrent et les âmes s’ennoblirent, au point de quitter l’ornière d’un simple suivisme pour atteindre les sommets de la réflexion et de l’argumentation. Ses adversaires, pour le contrecarrer, ne trouvèrent rien de plus efficace que de porter plainte auprès du sultan ; face à une telle « preuve », il n’avait, pour la repousser, aucune prise ! Quant à toutes les autres objections, il en démontra l’invalidité et les renversa de la manière la plus éclatante. Il composa sur cette question, sous des formes tantôt volumineuses, tantôt moyennes ou concises, près de deux mille feuillets. Les voies de démonstration qu’il y exposa — tirées du Coran, de la Sunna, des paroles des Compagnons, du *qiyâs*, des principes propres à son Imâm en particulier et à d’autres imâms — atteignirent environ quarante arguments. Il retourna ensuite vers son Seigneur, demeurant fermement attaché à cette position, y appelant, engageant la *mubâhala* contre ses contradicteurs, sacrifiant pour les requérants de fatwâ sa personne, son honneur et son temps. En une seule heure, il émettait, par la plume comme par la parole, plus de quarante avis juridiques. Grâce à ses fatwâs, les ateliers du *taḥlîl* furent mis à l’arrêt ; leurs ermitages (1) et leurs chapelles furent démolis, leur marché dépérit, et les nuées de la malédiction se dissipèrent de dessus les *muḥallils* et ceux, parmi les divorcés, pour qui ils œuvraient. Le commerce du raisonnement fondé sur le Livre, la Sunna et les traces salafies prit son essor ; les doctrines des Compagnons, des Successeurs et d’autres imâms de l’islam se propagèrent vers ceux qui les recherchaient. Quiconque, parmi les clairvoyants soucieux de sa dignité, sortit ainsi de la prison du suivisme exclusif d’un madhhab déterminé. Alors se leva l’Heure pour ses ennemis, ses jaloux et ceux dont la renommée ne dépasse pas le seuil de leur porte ou de leur ruelle ; ils vilipendèrent son avis, auprès de ceux qui leur prêtaient l’oreille, de la façon la plus virulente. À la populace et aux quasi-bêtes qu’ils avaient embobinées, ils dirent : « Il a aboli le divorce chez les musulmans, et les enfants de fornication pulluleront dans le monde ! » Lorsqu’ils trouvaient un interlocuteur doté d’un minimum de raison et de discernement, ils affirmaient : « Il a annulé le divorce subordonné à une condition. » Et, s’adressant aux rois et aux gouverneurs dont ils cherchaient l’appui, ils déclaraient : « Il a délié des cous le pacte d’allégeance dû au sultan, »
(1) Tel quel ; on pourrait peut-être lire « sawāmi‘ahu ».
وحكاه شيخ الإسلام عن جماعة من العلماء الذين سمت هممهم وشرفت نفوسهم، فارتفعت عن حضيض التقليد المحض إلى أوج النظر والاستدلال، ولم يكن مع خصومه ما يردون به عليه أقوى من الشكاية إلى السلطان، فلم يكن له بِردِّ هذه الحجة قِبَلٌ! وأما ما سواها فبيَّن فساد جميع حججهم ونقضها أبلغ نقض، وصنف في المسألة ما بين مطول ومتوسط ومختصر ما يقارب ألفي ورقة، وبلغت الوجوه التي استدل بها عليها من الكتاب والسنة وأقوال الصحابة والقياس وقواعد إمامه خاصة وغيره من الأئمة زهاء أربعين دليلا، وصار إلى ربه وهو مقيم عليها، داع إليها، مباهل لمنازعيه، باذل نفسه وعرضه وأوقاته لمستفتيه، فكان يفتي في الساعة الواحدة فيها بقلمه ولسانه أكثر من أربعين فتيا، فعطلت لفتاواه مصانع التحليل، وهدمت صوامه (١) وبيعه، وكسدت سوقه، وتقشعت سحائب اللعنة عن المحللين والمحلل لهم من المطلقين، وقامت سوق الاستدلال بالكتاب والسنة والآثار السلفية، وانتشرت مذاهب الصحابة والتابعين وغيرهم من أئمة الإسلام للطالبين، وخَرج من حِبس تقليد المذهب المعين به مَنْ كرمت عليه نفسه من المستبصرين، فقامت قيامة أعدائه وحساده ومن لا يتجاوز ذكر أكثرهم باب داره أو محلته، وهجَّنوا ما ذهب إليه بحسب المستجيبين لهم غاية التهجين، فمن استخفوه من الطغام وأشباه الأنعام قالوا: هذا قد رفع الطلاق بين المسلمين، وكثر أولاد الزنا في العالمين، ومن صادفوا عنده مسكة عقل ولُبٍّ قالوا: هذا قد أبطل الطلاق المعلق بالشرط، وقالوا لمن تعلقوا به من الملوك والولاة هذا قد حَلَّ بيعة السلطان من أعناق
(١) كذا، ولعلها: (صوامعه) ..