Puis l’auteur du Mughnî a dit : « S’il a formulé une intention, son serment se conforme à ce qu’il a voulu ; mais s’il n’a aucune intention déterminée, les propos d’Ahmad laissent entendre deux positions : La première veut que le serment soit entendu dans toute sa généralité. En effet, on interrogea Aḥmad au sujet d’un homme qui avait juré de ne plus entrer dans une ville à cause de l’injustice qu’il y avait constatée ; lorsque cette injustice disparut, Aḥmad répondit : “Le vœu (nadhr) doit être honoré”, c’est-à-dire qu’il ne doit toujours pas y pénétrer. Le fondement en est que, lorsque la formulation du Législateur est générale bien qu’issue d’une cause particulière, on doit s’en tenir à la généralité de l’énoncé et non à la particularité du motif ; il en va de même pour le serment de celui qui jure. Notre shaykh a contesté ce point et a dit : « Si Aḥmad lui a interdit d’entrer dans la ville après la disparition de l’injustice, c’est parce que cet homme avait fait à Allah le vœu de ne pas y entrer et avait renforcé son vœu par un serment. Or le vœu est un acte de dévotion ; il a donc voué à Allah le fait de déserter cette ville, et il lui incombe d’accomplir ce qu’il a voué. C’est bien ainsi qu’Imâm Aḥmad l’a compris et qu’il a répondu au questionneur en disant : “Le vœu doit être accompli.” De la même manière, le Prophète ﷺ interdit aux émigrés (muhâjirûn) de demeurer à La Mecque plus de trois jours après avoir achevé leurs rites, parce qu’ils avaient quitté leurs demeures pour Allah ; il ne leur était donc pas permis d’y retourner, même si la raison qui les avait fait partir avait disparu. Cela correspond au cas de celui qui délaisse une ville à cause de l’oppression et des turpitudes qui y règnent, lorsqu’il en a fait le vœu. Tel est le secret de cette réponse. Autrement, la position — clairement établie dans ses textes et ses principes — d’Imâm Aḥmad consiste à prendre en considération l’intention et la cause du serment et à interpréter les paroles de celui qui jure à cette lumière ; ses textes sur ce sujet sont trop nombreux pour être rappelés ici, qu’on s’y réfère. » ⦗Iʿlâm al-muwaqqiʿîn 4/108-109⦘ (1) 1359 – Parole d’Ibn Masʿûd : « J’aime mieux jurer par Allah en mentant que de jurer par autre que Lui en disant la vérité. » – Ibn Muflih déclare : « Il est illicite de prêter serment par autre qu’Allah, et, d’après Ibn Masʿûd et d’autres : “J’aime mieux jurer par Allah en mentant que de jurer par autre que Lui en disant la vérité.” » – Notre shaykh dit : « Car… »
(1) Voir : al-Fatawa, vol. 33, p. 234.
ثم قال صاحب «المغنى»: إن كان له نية فيمينه على ما نوى، وإن لم تكن له نية فكلام أحمد يقتضي روايتين: إحداهما: أن اليمين محمولة على العموم، لأن أحمد سئل عن رجل حلف أن لا يدخل بلدا لظلم رآه فيه، فزال الظلم، قال أحمد: النذر يوفى به. يعنى لا يدخله، ووجه ذلك: أن لفظ الشارع إذا كان عاما لسبب خاص، وجب الأخذ بعموم اللفظ دون خصوص السبب، وكذلك يمين الحالف. ونازعه في ذلك شيخنا، فقال: إنما منعه أحمد من دخول البلد بعد زوال الظلم لأنه نذر لله ألا يدخلها، وأكد نذره باليمين، والنذر قربة، فقد نذر التقرب إلى الله بهجران ذلك البلد، فلزمه الوفاء بما نذره، هذا هو الذي فهمه الإمام أحمد وأجاب به السائل، حيث قال: النذر يوفى به، ولهذا منع النبي ﷺ المهاجرين من الإقامة بمكة بعد قضاء نسكهم فوق ثلاثة أيام، لأنهم تركوا ديارهم لله، فلم يكن لهم العود فيها وإن زال السبب الذي تركوها لأجله، وذلك نظير مسألة ترك البلد للظلم والفواحش التي فيه إذا نذره الناذر، فهذا سر جوابه، وإلا فمذهبه الذي عليه نصوصه وأصوله اعتبار النية والسبب في اليمين، وحمل كلام الحالفين على ذلك، وهذا في نصوصه أكثر من أن يذكر، فلينظر فيها) [إعلام الموقعين ٤/ ١٠٨ - ١٠٩] (١). ١٣٥٩ - قول ابن مسعود: لأن أحلف بالله كاذبا أحب إلي من أن أحلف بغيره صادقا: - قال ابن مفلح: (ويحرم الحلف بغير الله، وعن ابن مسعود وغيره: لأن أحلف بالله كاذبا أحب إلي من أن أحلف بغيره صادقا. قال شيخنا: لأن
(١) انظر: «الفتاوى» (٣٣/ ٢٣٤).