et il tranche aussi la question dans al-Khilâf, lorsqu’il examine le cas du pauvre (faqîr) et du nécessiteux (miskîn) pour savoir lequel est le plus démuni ; notre shaykh en a tiré, par raisonnement a fortiori, la règle relative à l’hospitalité. [al-Furūʿ 6/303 (10/380-381)]
1342 – Statut de la mendicité pour celui qui y est contraint
Ibn Muflih rapporte : « Al-Athram a transmis que, si l’on est poussé par la nécessité à demander l’aumône, cela est permis. On lui demanda : “Et s’il s’en abstient ?” Il répondit : “Je ne pense pas que quelqu’un meure de faim ; Allah lui accordera sa subsistance.” Il mentionna ensuite le hadith d’Abû Saʿîd : “Celui qui cherche à préserver sa dignité, Allah la lui préservera”, ainsi que le récit d’Abû Dharr qui interrogea le Prophète – paix et salut sur lui – et auquel il répondit : “Abstiens-toi de demander.” Abû ʿAbd Allâh (Aḥmad) conclut : “S’abstenir est meilleur pour lui.” Notre shaykh a précisé que cette abstention n’est ni obligatoire ni peccamineuse, et que tel est l’avis apparent de l’école. » [al-Furūʿ 6/304 (10/381)] (1)
1343 – Offrir sa nourriture au nécessiteux lorsque son propriétaire n’en a pas besoin
Ibn Muflih dit : « Si le contraint ne trouve que la nourriture d’autrui, c’est lui – le nécessiteux, et, pour celui qui n’est qu’effrayé, deux avis existent – qui y a le plus de droit (2). Le propriétaire peut-il néanmoins le lui préférer ? Leurs propos laissent entendre que cela n’est pas permis. Cependant, l’auteur de al-Hady, à propos de l’expédition de Tâ’if, affirme que c’est licite et représente le comble de la générosité, conformément à la parole du Très-Haut : « … même s’ils sont eux-mêmes dans la pénurie » (Coran 59:9), ainsi qu’à l’exemple de plusieurs Compagnons – qu’Allah les agrée – lors des conquêtes de Syrie, qu’il compte parmi leurs hauts faits. À défaut, le propriétaire est tenu de laisser le nécessiteux consommer, contre remboursement de sa valeur, la part licite d’une bête morte, ainsi que l’imam l’a expressément stipulé (3)."
(1) al-Jamiʿ al-Masa’il (vol. 4, p. 358) ; al-Ikhtiyarat d’Ibn ʿAbd al-Hadi (p. 90) ; al-Ikhtiyarat d’al-Baʿli (p. 464).
(2) Ibn Qundus, dans sa Hachiya sur al-Furuʿ, précise : « c’est-à-dire que son maître, s’il est en état de nécessité, y a priorité ; et pour celui qui craint, deux avis s’affrontent. »
(3) Ibn Qundus, toujours dans sa Hachiya sur al-Furuʿ, ajoute : « c’est-à-dire que si son maître n’est pas en état de nécessité, il lui incombe de lui donner de sa nourriture à proportion de ce qu’il a consommé de la carcasse ; or, le débat porte sur la question de savoir s’il s’agit seulement d’assurer sa subsistance ou de le rassasier. »
وجزم به أيضا في «الخلاف» في الفقير والمسكين أيهما أشد حاجة، وأخذه شيخنا من الضيافة من طريق الأولى) [الفروع ٦/ ٣٠٣ (١٠/ ٣٨٠ - ٣٨١)].
١٣٤٢ - حكم المسألة في حق المضطر:
- قال ابن مفلح: (ونقل الأثرم: إن اضطر إلى المسألة فهي مباحة، قيل: فإن توقف؟ قال: ما أظن أحدا يموت من الجوع، الله يأتيه برزقه. ثم ذكر خبر أبي سعيد: «من استعفف أعفه الله»، وخبر أبي ذر أنه سأل النبي ﷺ فقال: «تعفف»، ثم قال أبو عبد الله: يتعفف خير له، وذكر شيخنا أنه لا يجب ولا يأثم، وأنه ظاهر المذهب) [الفروع ٦/ ٣٠٤ (١٠/ ٣٨١)] (١).
١٣٤٣ - بذل الطعام للمضطر إذا كان صاحبه غير مضطر له:
- قال ابن مفلح: (فإن لم يجد إلا طعام غيره فربه المضطر ــ وفي الخائف وجهان ــ أحق (٢)، وهل له إيثاره؟ كلامهم يدل على أنه لا يجوز، وذكر صاحب «الهدي» في غزوة الطائف أنه يجوز، وأنه غاية الجود لقوله تعالى: ﴿وَلَوْ كَانَ بِهِمْ خَصَاصَةٌ﴾ [الحشر: ٩]، ولفعل جماعة من الصحابة (رضي الله عنها) في فتوح الشام، وعد ذلك في مناقبهم، وإلا لزمه بذل ما له أكله (٣) من الميتة بقيمته، نص عليه،
(١) «جامع المسائل» (٤/ ٣٥٨)، «الاختيارات» لابن عبد الهادي (٩٠) , «الاختيارات» للبعلي (٤٦٤).
(٢) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (أي: فربه المضطر أحق، وفي الخائف وجهان).
(٣) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (أي: وإن لم يكن ربه مضطرا، لزمه أن يبذل له من طعامه بقدر ما له أكله من الميتة، وقد تقدم فيه الخلاف، هل هو سد رمقه أو يشبعه؟).