est pourvu de serres ou se nourrit de charognes. C’est pourquoi il a motivé, dans le cas du milan, l’interdiction par le fait qu’il se repaît de charognes ; dès lors, l’ordre de le tuer et le qualificatif de « petit pervers » (fuwaysiq) n’ont aucune incidence sur son statut juridique, conformément à l’avis de Mâlik. En effet, on peut prescrire la mise à mort d’un animal en raison de son agressivité (ṣiyāl) sans que cela implique son illicéité. Si le simple fait de l’abattre rendait forcément sa chair interdite, on aurait alors prohibé la consommation même lorsqu’il ne s’agit que d’une agressivité passagère, comme pour une bête d’élevage devenue momentanément jallāla (1) [al-Furūʿ 6/299 (10/375-376)].
1340 – Celui qui se voit contraint de consommer un aliment illicite
Ibn Muflih dit : « Quiconque est réduit à manger autre chose qu’un poison (2) ou assimilé et craint la mort, Ḥanbal rapporte qu’il lui est permis de le faire lorsqu’il sait que sa vie est sur le point de s’éteindre. Certains ajoutent : ou s’il redoute un préjudice. Dans al-Muntakhab on lit : ou une maladie, ou l’isolement de la caravane – c’est-à-dire qu’il se retrouve coupé puis périt, comme l’explique ar-Riʿāya. Abū Yaʿlā al-Ṣaghīr mentionne encore : ou l’aggravation de sa maladie. Il a rendu obligatoire la recherche d’un gagne-pain pour celui qui craint de tomber dans l’interdit. Dans al-Targhīb, s’il craint la maladie, deux avis sont rapportés. D’après une autre version : s’il éprouve cette crainte en voyage – opinion retenue par al-Khallāl – il doit alors manger, et cela à titre obligatoire. Tel est le texte explicite (naṣṣ) de l’imâm, et notre shaykh l’a confirmé. » [al-Furūʿ 6/303 (10/380)] (3).
1341 – Question
Ibn Muflih rapporte : « Il est obligatoire de commencer par demander l’aumône – c’est ce qu’Abū l-Ḥārith a transmis de lui. Dans la version d’al-Athram, on lui demanda : “Lequel est préférable ?” Il répondit : “Manger de la bête morte alors qu’on se trouve parmi les gens ? C’est plus odieux.” Yaʿqūb lui dit : “Lequel préfères-tu ?” Il répondit : “La charité”, et il pèche en la délaissant. A un demandeur, Aḥmad dit : “Lève-toi, afin que tu aies une excuse auprès d’Allah.” Le Qâḍî déclara : il commet un péché s’il ne demande pas…»