et un pot-de-vin versé par une personne à qui l’on a attribué un montant inférieur à sa juste rémunération, ou insuffisant, selon l’usage, pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille : on ne cherche pas à lui reprendre cette somme.
Il ajoute : « Et quand bien même dirait-on qu’il ne leur est pas permis de se l’approprier par malversation, il incombe alors à l’imâm de la leur verser. C’est analogue à l’associé en muḍāraba qui prélève sa part, ou au créancier qui recouvre sa créance sans autorisation ; il n’y a donc aucun avantage à la leur retirer pour la leur rendre. De surcroît, si l’imâm ne l’emploie pas dans ses canaux légitimes, l’agent n’aura pas coopéré à ce manquement.
Il est d’ailleurs établi que ʿUmar partagea en deux les biens de plusieurs de ses administrateurs (1) — Saʿd, Khâlid, Abû Hurayra et ʿAmr ibn al-ʿÂṣ — sans les accuser d’une trahison manifeste ; il estimait plutôt qu’un favoritisme justifiait de répartir leurs avoirs entre eux et l’ensemble des musulmans.
Il dit encore : « Quant à celui qui sait qu’une partie de ce qu’il a hérité — ou de tout autre bien qu’il détient — est illicite, sans toutefois en connaître le montant exact, qu’il le divise par moitié. » [al-Furūʿ 6/293 (10/363-364)] (2).