conclue par le Prophète ﷺ avait été arrêtée avant la bataille de Badr, comme le rapporte al-Wâqidî. Ibn Isḥâq ajoute : « Entre ces deux dates se situe l’expédition au cours de laquelle le Messager d’Allah ﷺ s’occupa de l’affaire des Banû Qaynuqâʿ », c’est-à-dire entre Badr et la campagne d’al-Furaʿ, menée en Jumâdâ al-Ula de l’année suivante. Il précise encore que les Banû Qaynuqâʿ furent les premiers à engager l’hostilité et à rompre le pacte. ⦗Aḥkâm Ahl adh-Dhimma 2/865-869⦘ (1)
— Il a également écrit : « Notre shaykh a affirmé que l’ensemble des paroles rapportées d’Aḥmad constituent un texte explicite imposant son exécution et attestant qu’il a rompu le pacte, sans aucune divergence de sa part sur ce point. La quasi-totalité de ses élèves, anciens comme récents, l’ont rapporté sans différend. Le qâḍî, dans Al-Mujarrad, énumère toutefois les actes dont les gens sous protection (ahl adh-dhimma) doivent impérativement s’abstenir, parce qu’ils portent préjudice aux musulmans, individuellement ou collectivement, dans leur personne ou leurs biens. Il s’agit de : prêter main-forte pour combattre les musulmans ; tuer un musulman, homme ou femme ; couper la route ; héberger un espion visant les musulmans ; fournir des renseignements aux ennemis, par exemple en écrivant aux polythéistes au sujet des musulmans ; commettre l’adultère avec une musulmane ou l’atteindre sous couvert d’un mariage ; détourner un musulman de sa religion.
Il précise : il leur incombe de s’abstenir de tout cela, qu’une clause l’ait ou non mentionné ; s’ils transgressent, leur pacte est rompu. Il rappelle ensuite les textes d’Aḥmad confirmant la rupture dans ces cas, notamment l’adultère avec une musulmane, l’espionnage au profit des polythéistes et le meurtre d’un musulman — fût-il esclave — comme l’a rapporté al-Khirqî. Il cite encore l’avis d’Aḥmad selon lequel l’injure par calomnie (qadhf) envers un musulman n’annule pas le pacte ; l’accusé encourt plutôt la peine prévue pour la calomnie.
Il conclut : la question se ramène donc à deux versions. Puis il ajoute : relèvent du même jugement le fait de parler d’Allah, de Son Livre, de Sa religion ou de Son Messager de façon indigne. Ces quatre actes sont régis par la même disposition que les huit précédents ; leur mention dans le contrat n’est pas une condition de validité. Si les protégés commettent l’un de ces actes, leur garantie est annulée, qu’il ait été expressément stipulé dans le traité ou non.