parmi eux ; cela prouve également que le pacte qu’il avait rédigé entre lui et les Juifs ne fut conclu qu’après la mise à mort de Kaʿb ibn al-Ashraf ; dès lors, ce dernier ne saurait être considéré comme un allié sous traité. La réponse est la suivante : le Prophète ﷺ n’ordonna de tuer tout Juif que l’on parviendrait à atteindre qu’en raison de la place éminente qu’occupait Kaʿb ibn al-Ashraf parmi eux. Il a été rapporté plus haut qu’il leur demanda : « Quelle est votre position à l’égard de Muḥammad ? » — ils répondirent : « Nous lui serons ennemis tant que nous vivrons. » Ils vivaient hors de Médine ; sa mort les bouleversa donc profondément. Le désir de le venger et de prendre sa défense fut l’un des principaux facteurs qui les poussèrent à la guerre et à proclamer la rupture du pacte. C’est pourquoi le Prophète ﷺ ordonna d’exécuter quiconque parmi eux se présentait : son arrivée même attestait qu’il reniait la trêve et qu’il venait défendre le défunt. Quant à celui qui restait sur place, il demeurait lié par le pacte antérieur, puisqu’il n’affichait pas d’hostilité ; voilà pourquoi le Prophète ﷺ ne les assiégea ni ne les combattit avant qu’ils ne manifestent ensuite leur inimitié. S’agissant maintenant du document évoqué, al-Wâqidî est le seul à l’avoir mentionné. Il précise aussi que l’exécution d’Ibn al-Ashraf eut lieu en Rabîʿ al-Awwal de l’an 3 H, tandis que l’expédition contre les Banû Qaynuqâʿ la précéda, en Shawwâl de l’an 2 H, soit environ un mois après Badr. Al-Wâqidî rapporte encore que le pacte par lequel le Prophète ﷺ conclut une trêve avec l’ensemble des Juifs fut établi lorsqu’il revint à Médine après Badr. Selon cette chronologie, le document dont il est ici question constituerait donc un second acte, réservé aux Banû an-Naḍîr ; il y renouvelait la trêve qui les liait à lui, distinct du premier traité rédigé avec tous les Juifs à cause de l’hostilité qu’ils projetaient déjà de manifester. Nous avons déjà établi qu’Ibn al-Ashraf était sous traité ; il a également été dit que le Prophète ﷺ rédigea ce pacte dès son arrivée à Médine, et le récit le confirme : autrement, les Juifs ne seraient pas venus se plaindre auprès du Prophète ﷺ de la mort de leur compagnon ; s’ils avaient été en guerre contre lui, ils n’auraient pas dénoncé son assassinat. Tous s’accordent, en outre, à dire que la mort d’Ibn al-Ashraf eut lieu après Badr, car la trêve
منهم، ويدل على أن العهد الذي كتبه بينه وبين اليهود كان بعد قتل ابن الأشرف وحينئذ فلا يكون ابن الأشرف معاهدا. فالجواب: أن النبي ﷺ إنما أمر بقتل من ظفر به من اليهود لأن كعب بن الأشرف كان من ساداتهم، وقد تقدم أنه قال: ما عندكم في أمر محمد؟ قالوا: عداوته ما حيينا. وكانوا مقيمين خارج المدينة، فعظم عليهم قتله، وكان مما هيجهم على المحاربة وإظهار نقض العهد انتصارهم للمقتول وذبهم عنه، فأمر النبي ﷺ بقتل من جاء منهم، لأن مجيئه دليل على نقض العهد وانتصاره للمقتول، وأما من قر فهو مقيم على عهده المتقدم، لأنه لا يظهر العداوة، ولهذا لم يحاصرهم النبي ﷺ ولم يحاربهم حتى أظهروا عداوته بعد ذلك. وأما هذا الكتاب فهو شيء ذكره الواقدي وحده، وقد ذكر هو أيضا أن قتل ابن الأشرف كان في شهر ربيع الأول سنة ثلاث، وأن غزوة بني قينقاع كانت قبل ذلك في شوال سنة اثنتين بعد بدر بنحو شهر، وذكر أن الكتاب الذي وادع فيه النبي ﷺ اليهود كلها كان لما قدم المدينة بعد بدر، وعلى هذا فيكون هذا كتابا ثانيا خاصا لبني النضير، يجدد فيه العهد الذي بينه وبينهم، غير الكتاب الأول الذي كتبه بينه وبين جميع اليهود لأجل ما كانوا قد أرادوا من إظهار العداوة. وقد تقدم أن ابن الأشرف كان معاهدا، وتقدم أيضا أن النبي ﷺ كتب الكتاب لما قدم المدينة في أول الأمر، والقصة تدل على ذلك، وإلا لما جاء اليهود إلى النبي ﷺ وشكوا إليه قتل صاحبهم، وإلا فلو كانوا محاربين له لم يستنكروا قتله، وكلهم ذكروا أن قتل ابن الأشرف كان بعد بدر، فإن معاهدة