J’ai dit (1) : Un malentendu analogue est survenu chez certains ignorants de la Sunna à propos du mariage consommé avec Ṣafiyya aussitôt après qu’elle eut été faite captive. L’un d’eux a en effet prétendu : « Il a cohabité avec elle avant qu’elle n’observe son istibrâʾ (la période d’attente destinée à s’assurer qu’elle n’était pas enceinte). » C’est là le signe manifeste de son ignorance, voire de sa mécréance, ou de l’une des deux, car il est rapporté dans le Ṣaḥîḥ : « Lorsque son délai d’attente fut achevé, il consomma le mariage avec elle. » (2) Que l’on objecte : « Puisque Kaʿb et les Banû an-Naḍîr, sa tribu, étaient liés au Prophète par un pacte de non-agression, comment comprendre ce qu’Ibn Isḥâq rapporte ? » — Ibn Isḥâq dit : « Un affranchi de Zayd ibn Thâbit m’a transmis, et la fille de Muḥayyisa m’a rapporté d’après son père Muḥayyisa, que le Messager d’Allah ﷺ déclara — aussitôt après cela : “Tuez tout homme juif que vous parviendrez à atteindre.” Muḥayyisa ibn Masʿûd se précipita alors sur Ibn Sunayna, un marchand juif qui commerçait avec eux, et le tua. À ce moment-là, Ḥuwayyisa ibn Masʿûd, plus âgé que Muḥayyisa, n’avait pas encore embrassé l’islam. Lorsqu’il le tua, Ḥuwayyisa se mit à le frapper en disant : « Ennemi d’Allah ! Tu l’as assassiné, alors que, par Allah, tant de graisse qui gonfle ton ventre provient de sa fortune ! » Muḥayyisa répliqua : « Par Allah, Celui qui m’a ordonné de le tuer — s’Il m’avait ordonné de te tuer, je l’aurais fait ! » Ḥuwayyisa s’exclama : « Par Allah ! Qu’une religion puisse t’amener à un tel point est vraiment stupéfiant ! » Ce fut là le début de la conversion de Ḥuwayyisa. » Al-Wâqidî — par les chaînes déjà citées — rapporte également : « Lorsque, à l’aube qui suivit la nuit où Ibn al-Ashraf fut tué, le Messager d’Allah ﷺ déclara : “Tuez tout homme juif que vous trouverez.” Les Juifs prirent alors peur ; aucun de leurs notables n’osa se montrer, redoutant d’être attaqués de nuit comme l’avait été Ibn al-Ashraf. » Il relate ensuite le meurtre d’Ibn Sunayna, puis ajoute : « Les Juifs et les polythéistes qui étaient avec eux furent saisis d’effroi… » et poursuit le récit comme il a été rapporté plus haut. Cela montre donc qu’ils n’étaient pas liés par un pacte de trêve ; autrement, il n’aurait pas été ordonné de mettre à mort quiconque se trouvait
(1) L’auteur est Ibn al-Qayyim. (2) Cela fait partie de la suite de la transmission de son cheikh.
قلت (١): ونظير هذا ما حصل لبعض الجهال بالسنة من بنائه بصفية عقيب سبائه لها، فقال: بنى بها قبل استبرائها، وهذا من جهله وكفره، أو من أحدهما، فإن في «الصحيح»: فلما انقضت عدتها بنى بها. فإن (٢) قيل: فإذا كان هو وبنو النضير قبيلته موادعين، فما معنى ما ذكره ابن إسحاق، قال: حدثني مولى لزيد بن ثابت قال: حدثتني ابنة محيصة عن أبيها محيصة أن رسول الله ﷺ قال ــ عقيب ذلك ــ: من ظفرتم به من رجال يهود فاقتلوه، فوثب محيصة بن مسعود على ابن سنينة رجل من تجار اليهود كان يلابسهم ويبايعهم فقتله، وكان حويصة بن مسعود إذ ذاك لم يسلم، وكان أسن من محيصة، فلما قتله جعل حويصة يضربه ويقول: أي عدو الله قتلته، أما والله لرب شحم في بطنك من ماله. فقال: والله لقد أمرني بقتله من لو أمرني بقتلك لقتلتك. فقال حويصة: والله إن دينا بلغ منك هذا لعجب! فكان هذا أول إسلام حويصة. وقال الواقدي ــ بالأسانيد المتقدمة ــ قالوا: فلما أصبح رسول الله ﷺ من الليلة التي قتل فيها ابن الأشرف، قال رسول الله ﷺ : «من ظفرتم به من رجال يهود فاقتلوه» فخافت يهود، فلم تطلع عظيما من عظمائهم، وخافوا أن يبيتوا كما بيت ابن الأشرف، وذكر قتل ابن سنينة إلى أن قال: وفزعت يهود ومن معها من المشركين ... وساق القصة كما تقدم. فإن هذا يدل على أنهم لم يكونوا موادعين، وإلا لما أمر بقتل من وجد
(١) القائل: ابن القيم. (٢) هذا من تتمة النقل عن شيخه.