d’Abû Ḥanîfa et d’Aḥmad selon l’opinion la plus répandue. La sunna du Messager d’Allah ﷺ l’atteste, puisqu’il partagea Khaybar en deux parts : il en distribua la moitié et laissa l’autre au bénéfice des musulmans.
Quant à ceux qui soutiennent qu’il est permis de laisser les temples entre leurs mains, leur position est la plus forte et la plus claire. En effet, cette tolérance ne leur confère pas la pleine propriété des édifices cultuels comme un individu possède ses biens ; pas plus qu’elle ne leur donne la maîtrise des biens laissés à leur usage commun – marchés, pâturages, etc. – de la même manière que les habitants de Khaybar n’ont jamais acquis la propriété effective des demeures et des sanctuaires dans lesquels le Messager d’Allah ﷺ les avait maintenus. Le simple fait de les y autoriser à en tirer profit n’équivaut pas à un acte de propriété ; il en irait de même si l’on octroyait à un musulman une parcelle du domaine public pour qu’il en perçoive les revenus, ou si l’on mettait à sa disposition une mosquée ou un ribât afin qu’il en use : cela ne ferait pas de lui le propriétaire du lieu. De la sorte, les églises prises *ʿanwa* (par conquête) que l’on a laissées à leur disposition peuvent être retirées par les musulmans lorsque l’intérêt général l’exige, tout comme les Compagnons du Prophète ﷺ les retirèrent aux gens de Khaybar sur son ordre, après leur avoir d’abord accordé ce maintien.
Ainsi, sous le califat d’al-Walîd b. ʿAbd al-Malik, les musulmans voulurent reprendre aux chrétiens certaines églises *ʿanwa* situées hors de Damas. Un accord fut conclu : les chrétiens cédèrent l’église se trouvant à l’intérieur de la ville. ʿUmar b. ʿAbd al-ʿAzîz, l’un des califes bien guidés, ratifia cette transaction, de même que les savants de son époque. En effet, lorsque les musulmans désiraient agrandir la grande mosquée de Damas en y annexant l’église voisine – laquelle appartenait aux églises de *ṣulḥ* (obtenues par traité) – ils ne pouvaient la saisir par la force ; ils convinrent donc de laisser aux chrétiens les églises *ʿanwa* qu’ils envisageaient de leur retirer, et cette concession fut tenue pour la contrepartie de l’église de traité qu’ils ne pouvaient pas prendre d’assaut.
Section
Dès lors que leur pacte est rompu, il devient licite de confisquer même les églises de *ṣulḥ*, et a fortiori celles de *ʿanwa*, de la même manière que le Prophète ﷺ s’empara des biens des Banû Qurayza et des Banû Naḍîr lorsqu’ils trahirent l’alliance, car
أبي حنيفة وأحمد في المشهور عنه، وعليه دلت سنة رسول الله ﷺ حيث قسم نصف خيبر وترك نصفها لمصالح المسلمين.
ومن قال: يجوز إقرارها بأيديهم= فقوله أوجه وأظهر، فإنهم لا يملكون بهذا الإقرار رقاب المعابد كما يملك الرجل ماله، كما أنهم لا يملكون ما ترك لمنافعهم المشتركة كالأسواق والمراعي، كما لم يملك أهل خيبر ما أقرهم فيه رسول الله ﷺ من المساكن والمعابد، ومجرد إقرارهم ينتفعون بها ليس تمليكا، كما لو أقطع المسلم بعض عقار بيت المال ينتفع بغلته، أو سلم إليه مسجد أو رباط ينتفع به، لم يكن ذلك تمليكا له، بل ما أقروا فيه من كنائس العنوة يجوز للمسلمين انتزاعها منهم إذا اقتضت المصلحة ذلك، كما انتزعها أصحاب النبي ﷺ من أهل خيبر بأمره بعد إقرارهم فيها، وقد طلب المسلمون في خلافة الوليد بن عبد الملك أن يأخذوا من النصارى بعض كنائس العنوة التي خارج دمشق، فصالحوهم على إعطائهم الكنيسة التي داخل البلد، وأقر ذلك عمر بن عبد العزيز أحد الخلفاء الراشدين ومن معه في عصره من أهل العلم، فإن المسلمين لما أرادوا أن يزيدوا جامع دمشق بالكنيسة التي إلى جانبه، وكانت من كنائس الصلح، لم يكن لهم أخذها قهرا، فاصطلحوا على المعاوضة بإقرار كنائس العنوة التي أرادوا انتزاعها، وكان ذلك الإقرار عوضا عن كنيسة الصلح التي لم يكن لهم أخذها عنوة.
فصل
ومتى انتقض عهدهم جاز أخذ كنائس الصلح منهم، فضلا عن كنائس العنوة، كما أخذ النبي ﷺ ما كان لقريظة والنضير لما نقضوا العهد، فإن