comme le statut de la propriété varie pour le mukâtab (esclave sous contrat d’affranchissement), le mudabbar (esclave affranchi à la mort de son maître), l’umm walad (concubine devenue mère d’un enfant du maître) et l’esclave ordinaire ; et de même qu’il diffère pour les combattants faits prisonniers, pour les femmes et les enfants capturés, il diffère également selon qu’il s’agit de la personne possédée elle-même, d’un immeuble, d’une terre ou d’un bien mobilier. Les musulmans sont unanimes : le butin de guerre obéit à des règles spécifiques qui ne se comparent pas aux autres biens communs. Ainsi, lorsque le Messager d’Allah ﷺ conquit Khaybar, il laissa ses habitants sous la protection (« dhimma ») de la communauté dans leurs demeures, tandis que les terres cultivées devinrent propriété des musulmans. Le Prophète ﷺ les employa comme fermiers métayers, leur accordant la moitié (1) de tout ce qui sortirait de ces terres en fruits ou en récoltes. Plus tard, ʿUmar (qu’Allah l’agrée) les expulsa durant son califat et les musulmans récupérèrent alors les maisons et les lieux de culte qu’on leur avait provisoirement laissés. Section Quant à savoir si l’imam peut conclure un pacte de dhimma tout en laissant les temples entre leurs mains, la question fait l’objet d’un désaccord bien connu entre les quatre écoles de jurisprudence. • Certains estiment qu’il n’est pas permis de les leur laisser, car cela équivaudrait à soustraire un bien à la propriété des musulmans et à maintenir le polythéisme sans traité antérieur. • D’autres jugent licite de les y maintenir lorsque l’intérêt général l’exige, comme le fit le Prophète ﷺ avec les habitants de Khaybar, et comme les califes bien guidés laissèrent les mécréants dans les demeures et les temples qu’ils occupaient. Ceux qui défendent la première opinion considèrent que les églises doivent être traitées comme n’importe quel autre bien immobilier ; parmi eux, certains – tel Mâlik selon son avis le plus répandu, et Aḥmad dans l’un de ses récits – imposent de les laisser en l’état, tandis que la majorité autorise l’imam à choisir l’une ou l’autre solution selon la maslaha (l’intérêt général). C’est l’avis de
(1) Dans le texte original : bi-sharT (à condition)…
حكم الملك في المكاتب والمدبر وأم الولد والعبد، وكما يختلف حكمه في المقاتلين الذين يؤسرون، وفي النساء والصبيان الذين يسبون، كذلك يختلف حكمه في المملوك نفسه والعقار والأرض والمنقول، وقد أجمع المسلمون على أن الغنائم لها أحكام مختصة بها لا تقاس بسائر الأموال المشتركة، ولهذا لما فتح النبي ﷺ خيبر أقر أهلها ذمة للمسلمين في مساكنهم، وكانت المزارع ملكا للمسلمين، عاملهم عليها رسول الله ﷺ بشطر (١) ما يخرج منها من ثمر أو زرع، ثم أجلاهم عمر (رضي الله عنه) في خلافته واسترجع المسلمون ما كانوا أقروهم فيه من المساكن والمعابد. فصل وأما أنه هل يجوز للإمام عقد الذمة مع إبقاء المعابد بأيديهم فهذا فيه خلاف معروف في مذاهب الأئمة الأربعة: منهم من يقول: لا يجوز تركها لهم، لأنه إخراج ملك المسلمين عنها، وإقرار الكفر بلا عهد قديم. ومنهم من يقول بجواز إقرارهم فيها إذا اقتضت المصلحة ذلك، كما أقر النبي ﷺ أهل خيبر فيها، وكما أقر الخلفاء الراشدون الكفار على المساكن والمعابد التي كانت بأيديهم. فمن قال بالأول قال: حكم الكنائس حكم غيرها من العقار، منهم من يوجب إبقاءه كمالك في المشهور عنه وأحمد في رواية، ومنهم من يخير الإمام فيه بين الأمرين بحسب المصلحة، وهذا قول الأكثرين، وهو مذهب
(١) في الأصل: (بشرط) ..