du pacte de dhimma, et qu’il serait au contraire tenu de les y inclure d’office ?
Cette obligation se limite-t-elle aux églises, sanctuaires et monastères dont il est établi qu’ils existaient déjà au moment de la conquête musulmane, de sorte qu’elle ne s’appliquerait pas lorsque subsiste un doute quant à leur antériorité ou à leur édification postérieure, ou bien l’imâm y est-il assujetti de façon absolue, que l’existence de ces édifices avant la conquête soit certaine ou seulement présumée ?
Si aucune obligation ne s’impose en cas de doute, les biens pour lesquels on ignore s’ils précèdent la conquête, de même que l’identité de ceux qui les ont bâtis, reviennent-ils alors au Bayt al-Mâl (le trésor public) ou non ?
Par ailleurs, si l’on retient que les descendants parvenus à l’âge de la majorité – qu’ils soient issus directement ou non de ceux avec qui fut conclu le pacte – n’ont pas besoin qu’un nouveau pacte de dhimma soit souscrit, l’ancien statut continuant de s’appliquer dès lors que leur filiation est avérée, doit-on considérer que leurs églises et sanctuaires partagent le même statut qu’eux, ou faut-il pour ces bâtiments un renouvellement formel du pacte ?
Et si l’on estime, au contraire, qu’ils doivent renouveler le pacte à leur majorité, leurs églises et sanctuaires nécessitent-ils, eux aussi, un tel renouvellement ou non ?
Réponse : Louange à Allah. Les territoires conquis par les musulmans – telle la région de Khaybar, prise du vivant du Prophète ﷺ, la majeure partie de la Syrie et nombre de ses villes, le Sawâd d’Irak à l’exception de quelques localités soumises par traité, ainsi que l’Égypte – furent remportés par la force sous le califat du Commandeur des croyants ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb (qu’Allah l’agrée). Il est rapporté, à propos de l’Égypte, qu’elle fut conquise par traité, et il est également rapporté qu’elle le fut par la force ; les deux versions sont exactes, comme l’ont expliqué les savants habilités à authentifier les récits en la matière : elle fut d’abord soumise par un pacte, puis ses habitants le rompirent. ʿAmr ibn al-ʿÂṣ sollicita alors des renforts auprès de ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb (qu’Allah l’agrée) ; celui-ci lui envoya une importante armée, au sein de laquelle se trouvait az-Zubayr ibn al-ʿAwwâm. La région fut alors conquise par la force.