Et cette propriété s’étend-elle également aux biens des mécréants que renferme la région — mobilier, terres cultivées, bétail, esclaves, terrains, demeures, églises, sanctuaires, cellules d’ermites, monastères et assimilés — ou bien ne vise-t-elle que tout ce qui n’est pas un lieu de culte des polythéistes ? Dans l’hypothèse où la conquête confère la pleine propriété de tout ce qui s’y trouve, est-il permis à l’imâm de conclure avec les associateurs, qu’ils soient chrétiens ou juifs, de cette province ou d’une autre, un pacte de dhimma stipulant que les églises, temples et monastères présents dans ladite province demeurent leurs lieux de culte, la jizya prélevée chaque année constituant alors la contrepartie spécifique — seule ou combinée à d’autres obligations — de ce privilège ; ou cela est-il prohibé ? Si cela est jugé illicite parce qu’il en résulterait un retard dans l’exercice par les musulmans de leur droit de propriété, les églises et assimilés doivent-ils être traités comme butin de guerre, sur lequel l’imâm disposerait du même pouvoir que sur les autres dépouilles, ou non ? Et, s’il est admis que l’imâm peut conclure la dhimma à la condition expresse du maintien des églises et assimilés, les bénéficiaires dudit pacte acquièrent-ils par là même la pleine propriété de ces édifices — églises, sanctuaires, monastères et consorts — de sorte que le droit des musulmans s’éteigne, ou non, étant donné que la jizya ne saurait être assimilée au prix d’une vente ? Dans le cas où ils n’en deviendraient pas propriétaires mais continueraient seulement à en user, puis que leur pacte viendrait à être rompu pour un motif valable — par exemple la mort du contractant sans héritier, ou, s’il laisse des descendants, dans l’hypothèse où l’on dit qu’un nouveau pacte de dhimma doit être signé avec eux, comme l’a expressément déclaré ach-Shâfiʿî selon le rapport d’Ibn aṣ-Ṣabbâgh, avis entériné par les juristes d’Irak et retenu par Ibn Abî ʿAsrûn dans Al-Murshid —, l’imâm du moment peut-il dire : « Je ne renouvellerai la dhimma avec vous qu’à condition d’exclure les églises, sanctuaires et monastères du contrat », de sorte qu’ils soient assimilés à des biens dont les ayants droit sont inconnus et qu’il n’existe aucun espoir de les identifier, ou n’a-t-il pas le droit de refuser de les inclure dans le pacte ?
وهل يكون الملك شاملا لما فيه من أموال الكفار من الأثاث والمزارع والحيوان والرقيق والأرض والدور والبيع والكنائس والقلايات والديورة ونحو ذلك، أو يختص الملك بما عدا متعبدات أهل الشرك؟ فإن ملك جميع ما فيه فهل يجوز للإمام أن يعقد لأهل الشرك من النصارى واليهود بذلك الإقليم أو غيره الذمة، على أن يبقى ما بالإقليم المذكور من البيع والكنائس والديورة ونحوها متعبدا لهم، وتكون الجزية المأخوذة منهم في كل سنة في مقابلة ذلك بمفرده أو مع غيره أم لا؟ فإن لم يجز لأجل ما فيه من تأخير ملك المسلمين عنه، فهل يكون حكم الكنائس ونحوها حكم الغنيمة يتصرف فيه الإمام تصرفه في الغنائم أم لا؟ وإن جاز للإمام أن يعقد الذمة بشرط بقاء الكنائس ونحوها فهل يملك من عقدت له الذمة بهذا العقد رقاب البيع والكنائس والديورة ونحوها ويزول ملك المسلمين عن ذلك بهذا العقد أم لا، لأجل أن الجزية لا تكون عن ثمن مبيع؟ وإذا لم يملكوا ذلك وبقوا على الانتفاع بذلك، وانتقض عهدهم بسبب يقتضي انتقاضه، إما بموت من وقع عقد الذمة معه ولم يعقبوا، أو أعقبوا فإن قلنا: إن أولادهم يستأنف معهم عقد الذمة ــ كما نص عليه الشافعي فيما حكاه ابن الصباغ وصححه العراقيون، واختاره ابن أبي عصرون في «المرشد» ــ فهل لإمام الوقت أن يقول: لا أعقد لكم الذمة إلا بشرط ألا تدخلوا الكنائس والبيع والديورة في العقد، فتكون كالأموال التي جهل مستحقوها وأيس من معرفتها، أم لا يجوز له الامتناع من إدخالها في عقد