Chapitre du amān (pacte de sûreté)
1271 – Lorsque le contrat d’amān couvre plus d’une année :
Ibn Muflih déclare : « Il est interdit d’accorder un amān ayant pour but le meurtre ou la réduction en esclavage ; tel est l’avis des maîtres de l’école. Dans le Targhīb, on lit qu’il se peut qu’un amān accordé par une femme pour soustraire quelqu’un à l’esclavage ne soit pas valide. Il précise encore que la validité de l’amān est subordonnée à l’absence de préjudice pour nous et à ce que sa durée n’excède pas dix ans… On peut conclure ce pacte au profit d’un envoyé (1) ou d’un mustaʾmin (demandeur de protection). Aucune jizya n’est perçue durant la période de l’amān – tel est le texte explicite. Il ajoute également : cela vaut lorsque la sûreté a été accordée par l’imâm ; selon une autre opinion, la jizya demeure exigible s’il séjourne une année, et c’est l’avis retenu par notre shaykh (2). » ⦗Al-Furûʿ 6/250 (10/309)⦘.
(1) Dans sa Hachiya «‘ala al-Furu‘», Ibn Qundus précise que ce terme signifie al-amān (la sûreté).
(2) Dans son Tashīḥ al-Furū‘, al-Mardawī note : « Attention : l’auteur d’at-Targhīb stipule pour l’amān qu’il n’y ait aucun préjudice à notre égard et que sa durée ne dépasse pas dix ans, et il existe deux avis quant à la validité de leur séjour chez nous durant cette période sans versement de la jizya. »
Il semble que ceci appartienne à la suite du propos d’at-Targhīb, et c’est en réalité la position correcte, car le compilateur ajoute quelques lignes plus loin : « On conclut un amān pour le messager et le musta’min (le protégé) sans versement de la jizya pendant la durée de l’amān, ce qui est confirmé par un texte ; et certains affirment qu’il y a jizya si le séjour atteint un an, position choisie par notre cheikh. »
Peut-être l’auteur d’at-Targhīb a-t-il limité la durée à dix ans. Quoi qu’il en soit, la vue juste dans la madhhab est celle de la permission (al-ijâz), adoptée par le Qādī et d’autres, et présentée dans al-Muqnī‘ et ailleurs. L’opinion de l’interdiction a été retenue par Abū al-Khattāb, l’imam al-Taqī al-Dīn et d’autres.
باب الأمان
١٢٧١ - إذا كان عقد الأمان لأكثر من سنة:
- قال ابن مفلح: (ويحرم الأمان للقتل والرق, قاله الأصحاب, وفي «الترغيب»: ويحتمل أن لا يصح أمان امرأة عن الرق, قال: ويشترط للأمان عدم الضرر علينا, وأن لا تزيد مدته على عشر سنين ... ويعقد لرسول (١) ومستأمن، ولا جزية مدة الأمان، نص عليه، وقال أيضا: وذلك إذا أمنه الإمام، وقيل: بلى إن أقام سنة، واختاره شيخنا (٢)) [الفروع ٦/ ٢٥٠ (١٠/ ٣٠٩)].
(١) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (أي: الأمان).
(٢) قال المرداوي في «تصحيح الفروع»: (تنبيه: قوله: «قال في «الترغيب»: يشترط للأمان عدم الضرر علينا, وأن لا تزيد مدته على عشر سنين, وفي جواز إقامتهم بدارنا هذه المدة بلا جزية وجهان» انتهى.
الظاهر أن هذا من تتمة كلام صاحب «الترغيب» , بل هو الصواب, لأن المصنف قال بعد ذلك بأسطر: «ويعقد لرسول ومستأمن ولا جزية مدة الأمان, نص عليه, وقيل: بلى إن أقام سنة, واختاره شيخنا. انتهى.
ولعل صاحب «الترغيب» خص ذلك بعشر سنين, وعلى كل حال الصحيح من المذهب الجواز, اختاره القاضي وغيره, وقدمه في «المقنع» وغيره, والقول بعدم الجواز اختاره أبو الخطاب والشيخ تقي الدين وغيرهما) ا. هـ.