La deuxième : on ne le déclare pas musulman pour autant, et tel est l’avis de la majorité. Notre shaykh a dit : « Cet avis est le correct ; c’est même un consensus ancien des Anciens comme des Modernes, et il est confirmé par la Sunna, indubitablement. En effet, il est établi que des dhimmis vivaient, à l’époque du Messager d’Allah ﷺ, à Médine, Wâdî al-Qurâ, Khaybar, Najrân, au Yémen et ailleurs. Or, certains d’entre eux mouraient en laissant de jeunes enfants, et jamais le Prophète ﷺ ni ses successeurs ne déclarèrent ces dhimmis musulmans. À leur époque, les dhimmis peuplaient pratiquement toute la Syrie, l’Égypte, l’Irak et le Khorasan, et l’on comptait parmi eux un grand nombre d’orphelins ; pourtant, aucun d’eux ne fut jamais tenu pour musulman. Le pacte de dhimma implique, en effet, que ses membres se prennent mutuellement en charge ; ils assument donc la garde de leurs orphelins, tout comme les parents assuraient auparavant leur éducation.
Ahmad dit encore : « Lorsqu’un dhimmi meurt, son enfant mineur hérite de lui », tout en rapportant, dans une autre version, que cet enfant deviendrait musulman. Or, les enfants des dhimmis ont toujours hérité de leurs parents, parce que l’islam – s’il survient – coïncide avec la naissance du droit à l’héritage et ne la précède pas. » [Shifâ’ al-ʿAlîl 2/812-813]
Il a ajouté : « Pour la première question – la mort des deux parents ou de l’un d’eux –, trois opinions ont été avancées.
- La première veut qu’il ne devienne pas musulman par ce seul fait ; il reste sur sa religion. C’est l’avis majoritaire, et certains ont même affirmé qu’il s’agit d’un consensus avéré. Nous savons en effet que les dhimmis n’ont cessé de mourir en laissant de jeunes enfants, et jamais le Messager d’Allah ﷺ, ni l’un des califes bien guidés après lui, ni aucun des imams postérieurs, n’a jugé que les enfants des non-musulmans entraient en islam à la mort de leurs parents. Nous ne connaissons pas davantage d’occurrence d’un tel cas dans l’histoire de l’islam, alors qu’il eût été inconcevable de négliger une question d’une telle importance ; or ces hommes étaient les plus soucieux de faire progresser l’islam et reculer la mécréance. Tel est l’avis de Mâlik, Abû Ḥanîfa, al-Shâfiʿî et d’Aḥmad – selon l’une des deux versions. »