(10/195)] (1).
« Comme l’affirment les khawarij », ou bien « les condamner à une éternité en enfer et leur ôter totalement le nom de musulmans », comme le font les mu’tazila : ces deux positions sont pires encore que celle des murji’a. En effet, parmi ces derniers se trouvent des savants et des pieux dont la communauté fait l’éloge, alors que khawarij et mu’tazila sont unanimement critiqués par les sunnites de toutes les écoles.

Il convient d’abord de préciser que la doctrine, tenue tant par les khawarij que par les mu’tazila, selon laquelle les auteurs de grands péchés seraient maintenus dans l’enfer pour l’éternité, n’a jamais été adoptée par aucun sunnite. Cette idée, classée parmi les innovations répandues, a été unanimement rejetée par les compagnons, par les tâbiʿûn et ceux qui leur ont succédé avec bienveillance, ainsi que par tous les imâms musulmans. Ils ont affirmé qu’aucun être ne demeurera éternellement en enfer s’il subsiste en son cœur la foi, ne serait-ce que du poids d’un atome. Pourtant, certains ont rapporté, à tort, un désaccord parmi les compagnons, citant un récit attribué à Ibn ʿAbbâs selon lequel le meurtrier ne pourrait se repentir. C’est une méprise : aucun compagnon n’a soutenu que le Prophète (que la paix soit sur lui) ne pourrait intercéder pour les grands pécheurs, ni qu’ils seraient voués à l’éternité en enfer. Certes, dans l’une des versions d’Ibn ʿAbbâs, on lit qu’il déclara que le meurtrier n’avait pas accès au repentir, tandis que deux récits, attribués à Ahmad ibn Hanbal, relatent l’acceptation de son repentir. Le débat portant sur la repentance diffère de celui concernant l’éternisation : le meurtre engage un droit humain, d’où la controverse sur la possibilité de la tawba (repentance).

Quant à l’opinion selon laquelle la foi s’annule en bloc dès qu’une part d’elle disparaît, elle est réfutée. C’est là le principe dont ont découlé toutes les opinions des gens de l’innovation en matière de foi : ils ont supposé qu’au moindre déficit, la foi entière se volatilisait. Ainsi les khawarij ont affirmé que la foi était l’ensemble des prescriptions divines et que, si l’on manquait à l’une d’elles, rien n’en subsistait, condamnant ainsi tout croyant à l’éternité en enfer. Les murji’a, pour leur part, divergent selon leurs groupes, mais s’accordent à dire que les grands péchés ou l’abandon des obligations manifestes ne portent nullement atteinte à la foi : car, selon eux, si une part venait à disparaître, il ne resterait plus rien, si bien que le pieux et le mécréant seraient mis sur le même plan. Or, les textes du Prophète (que la paix soit sur lui) et de ses compagnons montrent qu’il peut y avoir disparition d’une part de la foi tout en maintenant le reste, comme l’atteste le propos : « Sortira du feu quiconque aura dans son cœur la foi, même équivalente au poids d’un atome ».

— C’est dans Fatâwâ, tome 7, p. 222.
(1) Fatâwâ, tome 18, p. 186.
(١٠/ ١٩٥)] (١).
= كما يقوله الخوارج، أو تخليدهم بالنار وسلبهم اسم الإيمان بالكلية كما يقول المعتزلة، وكلا القولين شرٌّ من قول المرجئة، فإن المرجئة منهم جماعة من العلماء والعباد المذكورين عند الأمة بخير، وأما الخوارج والمعتزلة فأهل السنة والجماعة من جميع الطوائف مطبقون على ذمهم .. قيل: أولا ينبغي أن يعرف أن القول الذي لم يوافق الخوارج والمعتزلة عليه أحد من أهل السنة، هو القول بتخليد أهل الكبائر في النار، فإن هذا القول من البدع المشهورة، وقد اتفق الصحابة والتابعون لهم بإحسان وسائر أئمة المسلمين على أنه لا يخلد في النار أحد ممن في قلبه مثقال ذرة من إيمان، وقد نقل بعض الناس ممن يذكر الاختلاف عن الصحابة في ذلك خلافا كما روي عن ابن عباس أن القاتل لا توبة له، وهذا غلط على الصحابة، فإنه لم يقل أحد منهم: إن النبي ﷺ لا يشفع لأهل الكبائر، ولا قال: إنهم يخلدون في النار، لكن ابن عباس في إحدى الروايتين عنه قال: إن القاتل لا توبة له، وعن أحمد بن حنبل في قبول توبة القاتل روايتان أيضا، والنزاع في التوبة غير النزاع في التخليد، وذلك أن القتل يتعلق به حق آدمي، فلهذا حصل النزاع فيه، وأما قول القائل: إن الإيمان إذا ذهب بعضه ذهب كله، فهذا ممنوع، وهذا هو الأصل الذي تفرعت منه في الإيمان أقوال أهل البدع، فإنهم ظنوا أنه متى ذهب بعضه ذهب كله، لم يبق منه شيءٌ، ثم قالت الخوارج: هو مجموع ما أمر الله به ورسوله ﷺ ، كما قاله أهل الحديث، وقالوا: إذا ذهب منه شيءٌ لم يبق مع صاحبه شيءٌ من الإيمان، فيخلد في النار، وقالت المرجئة على اختلاف فرقهم: لا يذهب بالكبائر وبترك الواجبات الظاهرة شيء منه، إذ لو ذهب شيء منه لم يبق منه شيءٌ، فيكون شيئا واحدا، يستوي فيه البر والفاجر، ونصوص الرسول ﷺ وأصحابه تدل على ذهاب بعضه وبقاء بعضه، كقوله: «يخرج من النار من كان في قلبه مثقال ذرة من إيمان») ا. هـ. وهو في «الفتاوى» (٧/ ٢٢٢). (١) «الفتاوى» (١٨/ ١٨٦).