Il dit : « De même, celui qui s’abstient de maudire nommément quiconque – qu’il appartienne aux gens de la sunna, aux gens de la qibla, ou à titre plus général – ; quant à celui qui estime licite de maudire un pécheur déterminé par haine pour Allah – exalté soit-Il –, par désaveu à son égard et à titre de *taʿzîr* (châtiment disciplinaire), il pourra aussi l’admettre comme forme de légitime riposte.
Celui, en revanche, qui privilégie l’interdiction de maudire un individu précis répondra à l’exemple du Prophète ﷺ par l’une des trois explications suivantes :
1. l’acte est abrogé, telle la malédiction prononcée par le Prophète durant la *qunût*, selon le rapport d’Abû Hurayra ;
2. il relève de cette parole : « Ô Allah, je ne suis qu’un être humain ; je me mets en colère comme les humains se mettent en colère. Tout musulman que j’aurais insulté ou maudit alors qu’il n’en était pas digne, fais que cela devienne pour lui une prière, une purification et une miséricorde qui le rapprocheront de Toi le Jour de la Résurrection. » On rétorquera toutefois que ce hadith n’interdit pas la malédiction ; il montre seulement que le Prophète ﷺ l’appliquait selon son *ijtihâd* comme forme de *taʿzîr*, et que cette invocation protège celui qui ne la mérite pas ;
3. la malédiction prononcée par le Prophète ﷺ est attestée par un texte, et il se peut qu’il ait eu connaissance du sort ultime de la personne maudite.
On peut encore objecter que le principe est de l’imiter dans ses actes : s’il n’avait maudit que ceux dont il savait qu’ils seraient voués au Feu, il n’aurait pas dit : « Je ne suis qu’un être humain ; je me mets en colère comme les humains se mettent en colère. Tout musulman que j’aurais insulté, injurié ou maudit, fais que cela devienne pour lui une prière, une purification et un rapprochement auprès de Toi le Jour de la Résurrection. »
Cela montre qu’il craignait que sa malédiction ne frappe quelqu’un d’une manière nécessitant une compensation équivalente en bonnes œuvres. Or il est infaillible ; cette invocation compense donc ce qu’il redoutait de voir atteindre celui qui ne le mérite pas, même si l’acte procède d’un effort interprétatif, car son *ijtihâd* légiféré est préservé afin que la communauté puisse le prendre pour modèle. »
قال: وكذلك من لم يلعن المعين من أهل السنة، أو من أهل القبلة، أو مطلقا، وأما من جوز لعنة الفاسق المعين على وجه البغض في الله – Exalté soit-Il –، والبراءة منه والتعزير، فقد يجوز ذلك على وجه الانتصار أيضا، ومن يرجح المنع من لعن المعين، فقد يجيب عما فعله النبي ﷺ بأحد أجوبة ثلاثة:
إما بأن ذلك منسوخ، كلعن من لعن في القنوت على ما قاله أبو هريرة.
وإما أن ذلك مما دخل في قوله: «اللهم إنما أنا بشر أغضب كما يغضب البشر، فأيما مسلم سببته أو لعنته، وليس كذلك فاجعل ذلك له صلاة وزكاة ورحمة تقربه بها إليك يوم القيامة»، لكن قد يقال: هذا الحديث لا يدل على تحريم اللعنة، وإنما يدل أنه يفعلها باجتهاده بالتعزير، فجعل هذا الدعاء دافعا عمن ليس لها بأهل.
وإما أن يقال: اللعن من النبي ﷺ ثابت بالنص فقد يكون اطلع على عاقبة الملعون.
وقد يقال: الأصل مشاركته في الفعل، ولو كان لا يلعن إلا من علم أنه من أهل النار لما قال: «إنما أنا بشر أغضب كما يغضب البشر، فأيما مسلم سببته، أو شتمته، أو لعنته فاجعل ذلك له صلاة وزكاة وقربة تقربه بها إليك يوم القيامة».
فهذا يقتضي أنه كان يخاف أن يكون لعنه بما يحتاج أن يستدرك بما يقابله من الحسنات، فإنه معصوم، والاستدراك بهذا الدعاء يدفع ما يخافه من إصابة دعائه لمن لا يستحقه، وإن كان باجتهاد، إذ هو اجتهاده الشرعي معصوم لأجل التأسي به.