Shaykh Taqî ad-Dîn conclut : « Les maîtres de l’école ont donc émis, au sujet des grands pécheurs (al-fuṣṣâq), trois positions :
- l’interdiction, aussi bien de façon générale que nominative, sauf s’il existe un texte qui l’autorise ;
- l’autorisation ;
- la distinction – et c’est là l’opinion explicitement rapportée.
Reste à savoir si l’interdiction visant une personne déterminée relève d’une simple réprobation (karâha) ou d’une prohibition formelle (taḥrîm).
Il écrit ensuite, dans « al-Radd ʿalâ ar-Râfiḍî » : « Il n’est pas permis », et il s’appuie sur la défense qu’a faite le Prophète ﷺ de maudire l’homme surnommé “Himâr”.
Ici, toutefois, il laisse entendre que la chose est simplement réprouvée, interprétation que le qâḍî confirme plus loin lorsqu’il rapporte cette parole d’Aḥmad : « Je n’approuve pas qu’on maudisse al-Ḥajjâj et consorts ; s’il veut généraliser, qu’il dise : “Qu’Allah maudisse les injustes.” »
Le qâḍî commente : « Aḥmad a donc jugé blâmable de maudire al-Ḥajjâj. On peut expliquer la réserve d’Aḥmad à l’égard d’al-Ḥajjâj et de ses semblables par le fait que celui-ci était gouverneur ; il s’en est abstenu pour deux raisons :
- un texte interdit spécifiquement de maudire les gouvernants ;
- la malédiction des gouvernants risque d’aboutir au désordre, à l’effusion de sang et aux troubles – un danger qui n’existe pas à propos d’autres catégories de personnes. »
Shaykh Taqî ad-Dîn poursuit : « Or, ceux qui, parmi les gens de la passion (ahl al-ahwâ’), ont été érigés en imâms dans la religion sont, aux yeux de leurs adeptes, plus considérables encore que les gouvernants ; les maudire peut donc, de la même manière, conduire aux troubles. »
Et il – c’est-à-dire le qâḍî – a mentionné encore ce qu’il a recopié du manuscrit d’Abû Ḥafṣ al-ʿAkbarî, lequel l’attribuait à