celui qui a tué Muʿâwiya ibn Abî Sufyân. Et nous disons : « Que la malédiction d’Allah frappe les injustes » lorsqu’on nous mentionne l’un des fauteurs de fitna, conformément à la position adoptée par Aḥmad.
Le qâḍî poursuit : « Al-Khallâl s’est donc clairement prononcé en faveur de la malédiction. » Il rapporte encore qu’Abû Bakr ʿAbd al-ʿAzîz a écrit – je l’ai trouvé dans les Taʿlîqât d’Abû Isḥâq – : « Nous n’avons le droit de maudire que ceux qu’a maudis le Messager d’Allah ﷺ, et cela à titre de simple transmission de son propos. »
Shaykh Taqî ad-Dîn commente : « Le texte explicite d’Aḥmad, tel que l’a établi Al-Khallâl, concerne la malédiction absolue et générale, non celle qui vise une personne déterminée. Il en va ainsi des versets et hadiths de menace (*waʿîd*) et de promesse (*waʿd*), tout comme de notre témoignage au sujet du Paradis et de l’Enfer : nous attestons que les croyants seront au Paradis et que les mécréants seront en Enfer, et nous attestons le Paradis ou l’Enfer pour quiconque y est promis par le Livre et la Sunna. En revanche, nous ne l’attestons pour un individu précis que si un texte l’affirme, ou – selon une opinion – si la chose est attestée par une diffusion notoire (*istifâḍa*). Le témoignage dans le registre de l’information équivaut, dans le registre de la requête, à la malédiction ; or l’information et la requête sont les deux grandes catégories de la parole. C’est pourquoi le Prophète ﷺ a dit : « Les injurieux et les grands lanceurs d’anathèmes ne seront ni témoins ni intercesseurs au Jour de la Résurrection. » L’intercession s’oppose donc à la malédiction, tout comme le témoignage s’oppose à la malédiction.
Les propos d’Al-Khallâl impliquent qu’il ne maudit pas les personnes déterminées parmi les mécréants : il cite en effet le meurtrier de ʿUmar, lequel était mécréant. Ils laissent également entendre qu’il ne maudit pas l’individu désigné parmi les gens de l’innovation, puisqu’il mentionne le meurtrier de ʿAlî, qui était un khârijite.
Le qâḍî étaye ensuite l’interdiction par les textes qui blâment la malédiction, arguant que ces gens-là peuvent espérer le pardon et qu’il n’est pas permis de les maudire, car la malédiction signifie l’expulsion et l’éloignement. Il en va autrement de ceux dont on a jugé l’incroyance parmi les interprètes égarés : eux sont exclus de la miséricorde comme tout autre mécréant. Par ailleurs, il invoque, pour défendre la permission et l’usage sans restriction de la malédiction, les textes qui y recourent de façon générale, par exemple ceux qui visent le corrupteur et le corrompu, le consommateur d’intérêt usuraire, celui qui le fournit, ainsi que ses deux témoins et son scribe.
من قتل معاوية بن أبي سفيان، ونقول: لعنة الله على الظالمين إذا ذكر لنا رجل من أهل الفتن، على ما تقلده أحمد.
قال القاضي: فقد صرح الخلال باللعنة، قال: وقال أبو بكر عبد العزيز فيما وجدته في «تعاليق أبي إسحاق»: ليس لنا أن نلعن إلا من لعنه رسول الله ﷺ على طريق الإخبار عنه.
قال الشيخ تقي الدين: المنصوص عن أحمد الذي قرره الخلال اللعن المطلق العام، لا المقيد المعين، كما قلنا في نصوص الوعيد والوعد، وكما نقول في الشهادة بالجنة والنار، فإنا نشهد بأن المؤمنين في الجنة، وأن الكافرين في النار، ونشهد بالجنة والنار لمن شهد له الكتاب والسنة، ولا نشهد بذلك لمعين إلا لمن شهد له النص، أو شهد له الاستفاضة على قول، فالشهادة في الخبر كاللعن في الطلب، والخبر والطلب نوعا الكلام، ولهذا قال النبي ﷺ: «إن الطعانين واللعانين لا يكونون شهداء ولا شفعاء يوم القيامة». فالشفاعة ضد اللعن، كما أن الشهادة ضد اللعن.
وكلام الخلال يقتضي أنه لا يلعن المعينين من الكفار، فإنه ذكر قاتل عمر، وكان كافرا، ويقتضي أنه لا يلعن المعين من أهل الأهواء، فإنه ذكر قاتل علي، وكان خارجيا.
ثم استدل القاضي للمنع بما جاء من ذم اللعن، وأن هؤلاء ترجى لهم المغفرة، ولا تجوز لعنتهم؛ لأن اللعن يقتضي الطرد والإبعاد بخلاف من حكم بكفره من المتأولين، فإنهم مبعدون من الرحمة كغيرهم من الكفار، واستدل على جواز ذلك وإطلاقه بالنصوص التي جاءت في اللعن، وجميعها مطلقة كالراشي والمرتشي، وآكل الربا وموكله، وشاهديه، وكاتبيه.