Le qâḍî écrit dans al-Muʿtamad : « Quiconque, parmi les interprètes déviants ou autres, a été déclaré mécréant par nos soins, il est licite de le maudire ; c’est un texte explicite. » Il rapporte encore avoir dit, à propos des *lafẓiyya* – c’est-à-dire celui qui professe cette parole : « Qu’Allah le maudisse, qu’Il déverse sur lui Sa colère. » Il mentionne aussi avoir déclaré, au sujet de personnes déterminées : « Qu’Allah mette à nu ce scélérat ! » – au sujet d’un groupe : « Qu’Allah les couvre d’opprobre ! » – et, ailleurs : « Qu’Allah remplisse sa tombe de feu. » Shaykh Taqî ad-Dîn observe : « Je ne lui ai vu rapporter de malédiction précise qu’à l’encontre d’une catégorie, ou formuler, pour un individu particulier, une invocation de châtiment, ou une injure. Pourtant, le qâḍî affirme qu’il ne distingue pas entre malédiction générale et malédiction ciblée, et notre aïeul Abû al-Barakât adopte la même position. » Le qâḍî poursuit : « Quant aux grands pécheurs de la communauté – fornicateurs, voleurs, buveurs de vin, meurtriers et assimilés –, la question est de savoir s’il est permis ou non de les maudire. Aḥmad est resté réservé sur ce point, selon le récit de Ṣâliḥ : je demandai à mon père : “Un homme évoque al-Ḥajjâj ou d’autres en ta présence ; peut-il les maudire ?” Il répondit : “Cela ne me plaît pas ; qu’il se contente de généraliser en disant : ‘Que la malédiction d’Allah frappe les injustes.’” » Abû Ṭâlib rapporte : « J’interrogeai Aḥmad au sujet de celui qui dénigre Yazîd ibn Muʿâwiya. Il dit : “Ne t’engage pas dans cette affaire ; le Prophète ﷺ a dit : ‘Maudire un croyant équivaut à le tuer.’” Ainsi, Aḥmad s’est abstenu de maudire al-Ḥajjâj, malgré ses exactions et bien qu’il ait déclaré : “al-Ḥajjâj est un homme pervers.” Il s’est également abstenu de maudire Yazîd ibn Muʿâwiya, quoique, dans la version rapportée par Mahnâ, interrogé sur Yazîd, il ait répondu : “C’est lui qui commit à Médine ce qu’il commit : il y tua des Compagnons du Messager d’Allah ﷺ et la pilla. Il ne convient à personne de rapporter ses hadiths.” » Abû Bakr al-Khallâl écrit dans Kitâb al-Sunna : « Concernant la suspension du jugement sur la malédiction, Abû ʿAbd-Allah a mentionné nombre de hadiths notoires parmi les savants. Sur ce point, il suit l’avis d’al-Ḥasan et d’Ibn Sîrîn, les deux imams de leur époque, et il dit : “Qu’Allah maudisse celui qui a tué al-Ḥusayn ibn ʿAlî, qu’Allah maudisse celui qui a tué ʿUthmân, qu’Allah maudisse celui qui a tué ʿAlî, qu’Allah maudisse…”
وقال القاضي في «المعتمد»: من حكمنا بكفرهم من المتأولين وغيرهم فجائز لعنتهم نص عليه، وذكر أنه قال في اللفظية على من جاء بهذا: لعنه الله، عليه غضب الله، وذكر أنه قال عن قوم معينين: هتك الله الخبيث، وعن قوم: أخزاه الله، وقال في آخر: ملأ الله قبره نارا. قال الشيخ تقي الدين: لم أره نقل لعنة معينة إلا لعنة نوع، أو دعاء على معين بالعذاب، أو سبا له، لكن قال القاضي: لم يفرق بين المطلق، والمعين، وكذلك جدنا أبو البركات. قال القاضي: فأما فساق أهل الملة بالأفعال كالزنا، والسرقة، وشرب الخمر، وقتل النفس، ونحو ذلك، فهل يجوز لعنهم أم لا؟ فقد توقف أحمد عن ذلك في رواية صالح: قلت لأبي: الرجل يذكر عنده الحجاج أو غيره يلعنه؟ فقال: لا يعجبني، لو عَمَّ فقال: ألا لعنة الله على الظالمين. وقال أبو طالب: سألت أحمد عن من نال يزيد بن معاوية، قال: لا تكلم في هذا، قال النبي ﷺ: «لعن المؤمن كقتله». قال: فقد توقف عن لعنة الحجاج مع ما فعله، ومع قوله: الحجاج رجل سوء، وتوقف عن لعنة يزيد بن معاوية مع قوله في رواية مهنا، وقد سأله عن يزيد بن معاوية فقال: هو الذي فعل بالمدينة ما فعل، قتل بالمدينة من أصحاب رسول الله ﷺ ونهبها، لا ينبغي لأحد أن يكتب حديثه. قال أبو بكر الخلال في «كتاب السنة»: الذي ذكره أبو عبد الله في التوقف في اللعنة ففيه أحاديث كثيرة لا تخفى على أهل العلم، ويتبع فيه قول الحسن وابن سيرين، فهما الإمامان في زمانهما، ويقول: لعن الله من قتل الحسين بن علي، لعن الله من قتل عثمان، لعن الله من قتل عليا، لعن الله