et il y mentionne, parmi eux, Yazîd ; il ajoute : « Il est rapporté, dans un hadith, la malédiction de quiconque a commis un acte qui n’atteint même pas un centième de ce qu’a fait Yazîd », puis il cite des actes de portée générale passibles d’anathème, telle la femme qui se fait poser des rajouts capillaires, et d’autres similaires.
Il rapporte encore la version d’Abû Ṭâlib : « J’ai interrogé Aḥmad ibn Ḥanbal au sujet de celui qui dit : “Qu’Allah maudisse Yazîd ibn Mu‘âwiya.” – “Ne parle pas de cela, répondit-il ; le silence m’est plus cher.” »
Ibn al-Jawzî commente : « Cette version montre qu’il convient à l’homme de s’occuper de lui-même plutôt que de maudire autrui, tandis que la première atteste la licéité de la malédiction, comme nous l’avons expliqué en préférant le tasbîḥ (la glorification) à la malédiction d’Iblîs. »
Il concède néanmoins que s’abstenir de maudire est préférable ; Muslim rapporte en effet d’après Abû Hurayra : on dit : « Ô Messager d’Allah, invoque Allah contre les polythéistes ! » Il répondit : « Je n’ai pas été envoyé comme un lanceur de malédictions, mais comme miséricorde. »
Ibn al-Jawzî poursuit : « Aḥmad ibn Ḥanbal a pourtant maudit ceux qui le méritaient ; dans la version de Musaddad il déclara : “Les Wâqifiyya, ces maudits, et les maudits Muʿtazilites…” »
‘Ubayd Allah ibn Aḥmad al-Hanbalî rapporte encore : « J’ai entendu Aḥmad ibn Ḥanbal dire : “Qu’Allah maudisse les Jahmites.” » Al-Ḥasan maudissait al-Ḥajjâj, et Aḥmad disait : « Al-Ḥajjâj est un homme pervers. »
Shaykh Taqî ad-Dîn observe : « Dans les paroles attribuées à Aḥmad on ne trouve pas de malédiction visant nommément une personne ; en revanche, la parole d’al-Ḥasan, si. »
Ibn al-Jawzî rapporte encore la position des juristes : « Il n’est pas permis de confier l’autorité à un moins vertueux en présence d’un plus vertueux, sauf empêchement – crainte de la fitna ou inaptitude du plus vertueux aux affaires politiques –, comme l’illustrent la déclaration de ‘Umar à la Saqîfa et celle d’Abû Bakr lorsqu’il investit ‘Umar (qu’Allah les agrée). » Il répondit à ceux qui disaient : « Il était un kharijite », en précisant que le kharijite est celui qui se soulève contre un dirigeant légitime, alors que sa sortie