d’un mécréant – qu’il relève des gens de la qibla ou d’ailleurs – ou d’un pécheur notoire, que ce soit par la croyance ou par l’action. Sur ce sujet, nos docteurs expriment trois positions :
1. L’interdiction en toute circonstance ; telle est l’opinion d’Abû Bakr et d’Abd al-‘Azîz.
2. La permission de maudire le mécréant, à l’exclusion du pécheur notoire.
3. La permission sans aucune restriction.
Ibn al-Jawzî, au sujet de la malédiction de Yazîd, écrit : « Les savants scrupuleux – parmi eux Ahmad ibn Ḥanbal – l’ont déclarée licite. » Le shaykh ‘Abd al-Mughîth al-Harbî, ainsi que la majorité de nos condisciples, s’y opposa ; certains fondèrent leur refus sur l’absence de preuve établissant formellement son impiété – c’est ce que laisse entendre ‘Abd al-Mughîth, bien que l’argument soit plutôt faible –, d’autres sur le principe qu’il n’est pas permis de maudire nominativement un pécheur notoire. Ibn al-Jawzî fustigea sévèrement ceux qui rejettent la licéité de blâmer qui doit l’être et de maudire celui qui mérite la malédiction, tel Yazîd.
Il ajoute : « Ahmad a tenu, à propos de Yazîd, des propos dépassant la simple malédiction », et il cite le récit de Mahnâ : « J’ai interrogé Ahmad au sujet de Yazîd. Il répondit : “C’est bien lui qui a infligé aux habitants de Médine ce qu’il leur a infligé.” Je demandai : “Peut-on rapporter des hadiths de lui ?” – “Non, on ne rapporte pas de hadiths de lui ; il n’est pas convenable que quiconque consigne un hadith de sa part.” – “Et qui était avec lui lorsqu’il agit ainsi ?” – “Les gens du Shâm”, répondit-il. »
Shaykh Taqî ad-Dîn commente : « Tout cela, au mieux, atteste sa perversité, non la licéité de le maudire nommément. »
Ibn al-Jawzî rapporte encore ce qu’a mentionné le Qâdî dans al-Muʿtamad d’après la transmission de Sâliḥ : « Et pourquoi ne maudirais-je pas celui qu’Allah – Exalté soit-Il – a maudit dans Son Livre, si toutefois la chaîne est authentique ? » Il poursuit : « Le Qâdî Abû ’l-Ḥusayn a même rédigé un ouvrage intitulé Clarification de ceux qui méritent la malédiction, dans lequel il énumère… »
الكفار من أهل القبلة وغيرهم، ومن الفساق بالاعتقاد أو بالعمل، لأصحابنا فيها أقوال:
أحدها: أنه لا يجوز بحال، وهو قول أبي بكر وعبد العزيز.
والثاني: يجوز في الكافر دون الفاسق.
والثالث: يجوز مطلقا.
قال ابن الجوزي في لعنة يزيد: أجازها العلماء الورعون منهم أحمد بن حنبل. وأنكر ذلك عليه الشيخ عبد المغيث الحربي، وأكثر أصحابنا، لكن منهم من بنى الأمر على أنه لم يثبت فسقه، وكلام عبد المغيث يقتضي ذلك، وفيه نوع انتصار ضعيف، ومنهم من بنى الأمر على أن لا يلعن الفاسق المعين، وشنع ابن الجوزي على من أنكر استجازة ذم المذموم، ولعن الملعون كيزيد.
قال: وقد ذكر أحمد في حق يزيد ما يزيد على اللعنة، وذكر رواية مهنا: سألت أحمد عن يزيد، فقال: هو الذي فعل بأهل المدينة ما فعل. قلت: فيذكر عنه الحديث؟ قال: لا يذكر عنه الحديث، لا ينبغي لأحد أن يكتب عنه حديثا. قلت: ومن كان معه حين فعل؟ فقال: أهل الشام.
قال الشيخ تقي الدين: هذا أكثر ما يدل على الفسق لا على لعنة المعين.
وذكر ابن الجوزي ما ذكره القاضي في «المعتمد» من رواية صالح: وما لي لا ألعن من لعنه الله – Exalté soit-Il – في كتابه ــ إن صحت الرواية ــ، قال: وقد صنف القاضي أبو الحسين كتابا في «بيان من يستحق اللعن»، وذكر