Chapitre du jugement relatif à l’apostat 1231 – Quelques causes d’apostasie : – Ibn Muflih déclare : « Quiconque renie la foi de son plein gré – fût-ce par plaisanterie – après avoir embrassé l’Islam ; certains ont précisé : “volontairement”, d’autres : “même sous la contrainte”. L’avis le plus sûr est que, dès lors qu’il le fait en connaissance de cause, il devient apostat : qu’il associe à Allah le Très-Haut, qu’il nie l’un de Ses attributs – qu’al-Fuṣūl considère comme unanimement établi –, qu’il rejette certains de Ses Livres ou de Ses Messagers, qu’il insulte Allah ou Son Messager, ou qu’il prétende à la prophétie. – Notre maître a ajouté : « Est également apostat, par consensus, celui qui éprouve de la haine pour le Messager et pour ce qu’il a apporté. Il a encore dit : « Relève du même jugement celui qui, ne serait-ce que dans son cœur, cesse de réprouver l’abomination, ou qui nie un précepte manifeste faisant l’objet d’un consensus, tel l’obligation d’une des cinq prières ou l’interdiction du vin et assimilés, ou qui en doute alors qu’une telle ignorance n’est pas concevable pour quelqu’un comme lui. À ce propos, notre maître rappelle que le Prophète ﷺ n’a pas déclaré mécréant l’homme qui doutait de la puissance d’Allah et de Sa capacité à ressusciter, car l’apostasie ne peut survenir qu’après que le message a été transmis. Il cite à l’appui la parole de ʿÂʾisha : « Ô Messager d’Allah, tout ce que les gens tiennent caché, Allah le sait-Il ? » – « Oui », répondit-il. » ⦗al-Furûʿ 6/164 (10/186-187)⦘. – Il a également précisé : « Notre maître et d’autres ont affirmé que celui qui conteste un ijmāʿ (consensus) catégorique(1) tombe sous le même jugement, tout en rapportant que nombre de nos condisciples et d’autres n’y voient qu’une simple turpitude majeure (fisq). Il a dit encore : « Est de même apostat celui qui place entre Allah et lui des intermédiaires, se confie à eux, les invoque et sollicite leur aide. » ⦗al-Furûʿ 6/165 (10/187-188)⦘. – Il poursuit : « Notre maître a encore dit : “Ou s’imagine que, parmi les Compagnons, les Successeurs ou…” »
(1) Dans al-Ikhtiyarat d’al-Baʿli, il rejette un point qui fait l’objet d’un ijmâʿ qatʿî (consensus catégorique).
باب حكم المرتد ١٢٣١ - بعض أسباب الردة: - قال ابن مفلح: (من كفر طوعا ولو هازلا بعد إسلامه، قيل: طوعا، وقيل: وكرها، والأصح بحقٍّ فمرتد، بأن أشرك بالله تعالى أو جحد صفة له، قال في «الفصول»: متفقا على إثباتها، أو بعض كتبه، أو رسله، أو سبه، أو رسوله، أو ادعى النبوة. قال شيخنا: أو كان مبغضا لرسوله ولما جاء به اتفاقا. وقال: أو ترك إنكار منكر بقلبه، أو جحد حكما ظاهرا مجمعا عليه، كعبادة من الخمس، أو تحريم خمر ونحوه، أو شك فيه ومثله لا يجهله. قال شيخنا: ولهذا لم يكفر به النبي ﷺ الرجل الشاك في قدرة الله وإعادته، لأنه لا يكون إلا بعد بلاغ الرسالة، وأن منه قول عائشة: يا رسول الله، مهما يكتم الناس يعلمه الله؟ قال: «نعم») [الفروع ٦/ ١٦٤ (١٠/ ١٨٦ - ١٨٧)]. - وقال أيضا: (قال شيخنا وغيره: في الإجماع إجماعا قطعيا (١)، وذكر أن كثيرا من أصحابنا وغيرهم فسقه فقط. قال: أو جعل بينه وبين الله وسائط يتوكل عليهم ويدعوهم ويسألهم «ع») [الفروع ٦/ ١٦٥ (١٠/ ١٨٧ - ١٨٨)]. - وقال أيضا: (قال شيخنا: أو توهم أن من الصحابة أو التابعين أو
(١) في «الاختيارات» للبعلي (أو أنكر مجمعا عليه إجماعا قطعيا).