qu’Abû Bakr as-Siddîq (qu’Allah l’agrée) mena contre ceux qui refusaient de s’acquitter de la zakât ; on saisit alors leurs biens, leur descendance ainsi que toute personne qui se ralliait à eux (1), même si elle prétendait y avoir été contrainte. Celui qui achevait un blessé n’encourait aucun péché, quand bien même ce dernier aurait prononcé la chahâda. Quiconque prenait sur eux quelque bien en prélevait le cinquième et conservait le reste. Celui qui achetait d’eux un bien appartenant à un musulman devait le rendre à son propriétaire ; s’il était incapable de l’identifier, il versait la somme payée, laquelle était affectée aux intérêts collectifs.
Ainsi a-t-il parlé, alors même qu’il a dit, au sujet des râfidha des montagnes, qu’il est permis de saisir leurs biens, car ʿAlî (qu’Allah l’agrée) avait offert à son armée ce qui se trouvait dans le camp des kharijites ; de plus, ils avaient pillé aux musulmans des richesses bien supérieures à ce qu’on leur reprend. Il a ensuite justifié la capture de leurs femmes en les tenant pour mécréants, alors que les Compagnons ne réduisirent jamais les kharijites en captivité.
Dans son « Réfutation du râfidî », il rapporte encore que ʿAlî (qu’Allah l’agrée) ne captura ni la descendance des kharijites ni ne prit leurs biens en butin ; on comprend donc que sa conduite, ainsi que celle des Compagnons, à leur égard différait de celle qu’ils adoptèrent envers les apostats. ⦗al-Furûʿ 6/162-163 (10/183-184)⦘ (2).
1230 – Si deux factions s’affrontent par esprit de clan ou pour le pouvoir :
Ibn Mufliḥ dit : « Si deux factions se battent par esprit de clan ou pour la préséance, elles sont toutes deux injustes, responsables et tenues d’indemniser. Notre Shaykh a jugé que l’obligation d’indemniser pèse sur l’ensemble de la faction, même si l’auteur précis du dommage n’est pas identifié.
Et il a ajouté : lorsque les deux camps se font face (3), chacun compense l’autre, car, pour la majorité, l’auteur direct et le complice sont assimilés. »
(1) Dans l’édition 1 : (al-maqfaz).
(2) Voir : al-Fatâwâ (t. 28, p. 544-553), Minhâj as-Sunna (t. 5, p. 241), al-Ikhtiyârât d’al-Ba‘lî (p. 429).
(3) Dans l’édition 2 : (taqâtalâ).
الصديق (رضي الله عنه) مانعي الزكاة، ويؤخذ مالهم وذريتهم والمتحيز (١) إليهم ولو ادعى إكراها، ومن أجهز على جريح لم يأثم ولو تشاهد، ومن أخذ منهم شيئا خمسه وبقيته له، ومن ابتاع منهم مال مسلم أخذه ربه، وإن جهله أعطى ما اشتراه به، وهو للمصالح.
كذا قال، مع أنه قال في الرافضة الجبلية: يجوز أخذ مالهم فإن عليا (رضي الله عنه) أوهب عسكره ما كان في عسكر الخوارج، ولأنهم نهبوا من المسلمين أضعاف ما يؤخذ منهم، ثم خَرَّج سبي حريمهم على تكفيرهم، وأن الصحابة لم تسب الخوارج.
وفي «رده على الرافضي» أن عليا (رضي الله عنه) لم يسب للخوارج ذرية، ولم يغنم مالهم، فعلم أن سيرته وسيرة الصحابة فيهم تخالف سيرتهم في أهل الردة) [الفروع ٦/ ١٦٢ - ١٦٣ (١٠/ ١٨٣ - ١٨٤)] (٢).
١٢٣٠ - إن اقتتلت طائفتان لعصبية أو رياسة:
- قال ابن مفلح: (وإن اقتتلت طائفتان لعصبية أو رياسة فظالمتان ضامنتان وتضمن، قال شيخنا: فأوجبوا الضمان على مجموع الطائفة وإن لم يعلم عين المتلف.
وقال: وإن تقابلا (٣) تقاصا؛ لأن المباشر والمعين سواء عند الجمهور.
(١) في ط ١: (المقفز).
(٢) انظر: «الفتاوى» (٢٨/ ٥٤٤ - ٥٥٣)، «منهاج السنة» (٥/ ٢٤١)، «الاختيارات» للبعلي (٤٢٩).
(٣) في ط ٢: (تقاتلا).