et c’est là l’avis le plus connu des gens de Médine comme des traditionalistes : tout en considérant qu’il faut combattre ceux qui se soustraient à la sharîʿa – tels les Harûriyya et assimilés – et que ce combat est obligatoire, les récits relatifs aux troubles civils corroborent ce point de vue. Ils se sont donc conformés au texte authentique et à une analogie droite. C’est pourquoi les auteurs des credo d’Ahl al-Sunna wa-l-Jamâʿa y rappellent l’abstention de tout combat en période de fitna et la réserve à l’égard des dissensions qui ont opposé les Compagnons – qu’Allah les agrée.
Il a encore écrit, dans sa « Réfutation du râfidî » : « Les Pieux Prédécesseurs et les imâms – la plupart d’entre eux, dont Aḥmad et d’autres – affirment que, dans ce cas, la condition permettant de combattre une faction rebelle n’était pas remplie ; Allah n’a pas prescrit de lancer les hostilités mais, d’abord, d’appeler à la réconciliation, puis, si l’une des deux parties persiste dans la rébellion, de la combattre. Or ceux-ci furent attaqués avant même d’engager le combat. C’est pourquoi, pour Aḥmad et d’autres, tels Mâlik, cette confrontation relève du combat de fitna, tandis qu’Abû Ḥanîfa pose qu’il n’est pas licite de combattre les rebelles tant qu’ils n’ont pas ouvert les hostilités… » Notre Shaykh ajoute : « ʿAlî était toutefois plus proche de la vérité que Muʿâwiya, et certains de nos condisciples ont estimé qu’ils avaient tous deux vu juste, partant du principe que chaque mujtahid atteint la justesse. » Ibn Ḥâmid rapporte cela, et le passage que contient son ouvrage correspond mot pour mot à la parole de notre Shaykh. ⦗al-Furûʿ 6/152-153 (10/170-172)⦘ (1)
1222 – Celui qui, sous l’effet d’une interprétation, se permet de nuire à celui qui l’ordonne ou le réprouve :
– Ibn Mufliḥ rapporte : « Notre Shaykh a dit, au sujet de celui qui, en invoquant une interprétation, porte atteinte à celui qui lui prescrit ou lui interdit – tel un innovateur ou assimilé : son repentir fait tomber le droit du particulier. Il a étayé cela par l’exemple des pertes causées par les rebelles ; c’est en effet un acte de jihâd dont la récompense revient à Allah, et aucune peine légale n’est appliquée lorsqu’il y a interprétation, qu’il s’agisse de vies ou de biens. » ⦗al-Furûʿ 6/156 (10/175)⦘ (2)