Chapitre : Le combat contre les rebelles (*ahl al-baghy*) 1221 – L’initiative de l’imam dans le combat contre les rebelles et les kharijites : – Ibn Mufliḥ a dit : « Il lui incombe de leur adresser une correspondance (1) et de dissiper leurs ambiguïtés ; s’ils reviennent à la raison, tant mieux, sinon il devient obligatoire, pour celui qui en a la capacité, de les combattre. Selon notre Shaykh, il est préférable de s’abstenir tant qu’ils n’ont pas pris l’initiative des hostilités – [W: M] – et telle est, en réalité, l’option qu’il retient. À propos des kharijites, tous deux ont déclaré qu’il est permis de les tuer d’emblée et d’achever le blessé (2), ce qui contredit le sens apparent du récit transmis par ʿAbdūs ibn Mâlik. Dans al-Mughnî, au sujet des kharijites, il est rapporté : « Le point de vue manifeste des plus récents de nos condisciples est qu’ils relèvent du statut de rebelles, auxquels s’appliquent leurs règles, et tel est l’avis de la majorité des savants. » Ainsi s’est-il exprimé. Toutefois, ce n’est pas là leur véritable intention, puisqu’ils mentionnent à leur égard la mécréance ou la perversité, à la différence des rebelles ordinaires. C’est pourquoi notre Shaykh a affirmé que la majorité des savants distinguent entre les kharijites et les rebelles motivés par une interprétation recevable ; telle est l’opinion connue des Compagnons, suivie par la plupart des traditionalistes, des juristes, des théologiens, ainsi que par les textes explicites de la plupart des imams et de leurs disciples parmi les malikites, shaféites, hanbalites et autres. Le choix de notre Shaykh se rattache à l’opinion qui attribue la justesse soit à une partie non déterminée, soit suspend son jugement, et non à l’idée que ʿAlî fût nécessairement dans le vrai. Ce sont là des positions admises dans notre école ; la majorité des Compagnons, ainsi que d’autres, jugea préférable de s’abstenir de combattre les deux factions, considérant que cela n’est pas obligatoire dans l’un ou l’autre cas (3). Et il a dit, dans « La prééminence de la doctrine des Médinois sur celle de Koufa » : « La plupart des auteurs traitant du combat contre les rebelles estiment que le combat devait se faire aux côtés de ʿAlî, tandis que certains prônent la neutralité, et cela… »
(1) C’est-à-dire : l’imâm correspond aux insurgés. (2) Dans la 2ᵉ édition : « tuer le blessé ». (3) Ibn Qundus, dans sa Hachiya sur al-Furû’, précise : c’est-à-dire que le combat n’est pas obligatoire contre l’une des deux factions.
باب قتال أهل البغي ١٢٢١ - ابتداء الإمام بقتال البغاة والخوارج: - قال ابن مفلح: (ويلزمه مراسلتهم (١) وإزالة شبهتهم، فإن فاءوا وإلا لزم القادرَ قتالهم، وعند شيخنا: الأفضل تركه حتى يبدءوه «و: م» وهو ظاهر اختيار الشيخ، وقالا في الخوارج: له قتلهم ابتداء وتتمة الجريح (٢)، وهو خلاف ظاهر رواية عبدوس بن مالك، وفي «المغني» في الخوارج: ظاهر قول المتأخرين من أصحابنا أنهم بغاة، لهم حكمهم وأنه قول جمهور العلماء، كذا قال، وليس بمرادهم، لذكرهم كفرهم أو فسقهم، بخلاف البغاة، ولهذا قال شيخنا: يُفرِّق جمهور العلماء بين الخوارج والبغاة المتأولين، وهو المعروف عن الصحابة، وعليه عامة أهل الحديث والفقهاء والمتكلمين ونصوص أكثر الأئمة وأتباعهم من أصحاب «م ش» وأحمد وغيرهم. واختيار شيخنا يخرج على وجه من صوب غير معين أو وقف، لا أن عليا هو المصيب وهي أقوال في مذهبنا وأن أكثر الصحابة وغيرهم رأى ترك قتالهما، وأنه لا يجب مع واحدة (٣). وقال في «تفضيل مذهب أهل المدينة على الكوفة»: أكثر المصنفين لقتال أهل البغي يرى القتال من ناحية علي، ومنهم من يرى الإمساك، وهو
(١) أي: الإمام يراسل البغاة. (٢) في ط ٢: (قتل الجريح). (٣) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (أي: القتال لا يجب مع واحدة من الطائفتين).