Quiconque dit à un dhimmî : « Ô pèlerin ! » est passible d’une peine de taʿzîr, car pareille formule assimile celui qui se rend dans les églises à celui qui se rend à la Maison d’Allah et constitue, à son égard, une marque d’exaltation. C’est exactement comme s’il plaçait leurs fêtes au même rang que les fêtes des musulmans et les magnifiait.
De même, encourt la taʿzîr celui qui qualifie de « pèlerin » l’homme qui visite des tombes ou des sanctuaires, celui qui appelle cette visite un « pèlerinage » ou qui lui assigne des rites ; nul n’a le droit de transférer à ces visites ce qui relève des prérogatives exclusives du pèlerinage à la Maison antique. C’est une pratique blâmable et son auteur est dans l’égarement. [Al-Furûʿ, 6/115-117 (10/120)] (1)
1206 – Réplique équitable envers l’agresseur verbal
Ibn Mufliḥ rapporte : « Notre maître a dit : Celui contre qui l’on invoque injustement peut, à son tour, invoquer contre son oppresseur dans les mêmes termes : “Qu’Allah t’humilie”, “Qu’Allah te maudisse”, ou l’injurier sans mensonge du type : “chien !”, “porc !”. Il lui est permis de lui répondre de la même façon, conformément à la parole du Très-Haut : “Mais ceux qui se défendent après avoir été lésés, rien ne peut être retenu contre eux.” (S. ach-Chourâ 41). On en déduit qu’aucun grief n’est dirigé sinon contre l’injuste qui transgresse. Or, s’il est autorisé de requérir l’aide d’une créature – mandataire, autorité, etc. –, recourir à son Créateur est, à plus forte raison, permis.
L’imam Aḥmad a déclaré : « L’invocation tient lieu de qiṣāṣ ; celui qui invoque contre son oppresseur n’a pas fait preuve de patience. » Il veut signifier par là que l’invocateur obtient réparation ; or, si la riposte est licite, Allah a dit : “Mais celui qui patiente et pardonne, voilà bien là une résolution d’une grande fermeté.” (S. ach-Chourâ 43). De même, le Prophète ﷺ dit à ʿÂʾisha, lorsqu’elle invoqua contre le voleur : « Ne lui allège rien », c’est-à-dire : ne lui réduis pas la peine ; et il rappela ensuite l’épisode final d’Abû Bakr rapporté par Abû Dâwûd.