Il poursuit :
« Dire à autrui : « Allāhu akbar ʿalayk » (qu’Allah soit plus grand contre toi) équivaut à invoquer contre lui et à l’injurier sans calomnie, tout comme lorsqu’on le traite de « chien ». La personne visée peut soit lui rendre la pareille, soit réclamer qu’il soit corrigé par taʿzîr. Quant au fait de le maudire : celui qui a été maudit a-t-il le droit de maudire en retour ? La réponse dépend de la question suivante : est-il permis de maudire une personne déterminée ?
Quiconque maudit un chrétien est blâmé d’un blâme léger, car il n’a pas à le faire sans motif valable, à moins que le chrétien n’ait commis un acte le justifiant.
Les quatre caractéristiques dont la présence fait d’un homme un hypocrite authentique constituent une atteinte au droit d’Allah ; elles sont formellement prohibées et n’ouvrent pas droit au qiṣāṣ.
Les deux Ṣaḥîḥ rapportent qu’au jour de l’allégeance à Abû Bakr, ʿUmar déclara : « Qu’Allah fasse périr Saʿd ! » Ibn al-Jawzî commente : il a dit cela parce que Saʿd convoitait le califat et qu’il ne convenait pas qu’il précède Abû Bakr. Al-Khattâbî explique pour sa part : « Tenez-le pour mort ; ne tenez pas compte de sa présence. »
Celui qui, dans une querelle, lance à son adversaire : « Lis donc l’histoire d’Adam ! », insinuant ainsi qu’il connaît la faute de ce prophète, est passible de taʿzîr, même si ses paroles sont véridiques.
De même, celui qui, par piété mal comprise, s’abstient de prononcer le mot « qaṭʿ » (couper) est corrigé, car c’est une innovation ; il en va de même pour celui qui saisit des serpents, s’introduit dans le feu et autres pratiques similaires.
S’agissant de celui qui imite les mécréants lors de leurs fêtes, les savants sont unanimes à condamner cet acte et à imposer une sanction à quiconque s’y adonne.
Le fait qu’un acte donne lieu à une peine de taʿzîr est, en soi, la preuve de son interdiction.
Enfin, celui qui, sous l’effet de la colère, s’écrie : « Alors, nous ne sommes pas musulmans ! », s’il ne vise qu’à se blâmer pour la faiblesse de sa foi, n’encourt ni péché ni sanction.