1203 – Le taʿzîr par l’exil :
Ibn Mufliḥ rapporte : « Ibn Manṣūr transmet qu’il n’y a d’exil qu’en cas de zinā (fornication) ou pour l’efféminé. Le Qâḍî précise : la durée du bannissement ne doit pas excéder une année. Notre Shaykh s’appuie sur cet avis ainsi que sur l’exil qu’ʿUmar infligea à Naṣr ibn Ḥajjāj lorsqu’il redouta la tentation que sa beauté suscitait : il l’éloigna de Médine vers Baṣra. Que dire, alors, de celui dont la faute est avérée ! Il interdit de même au célibataire d’habiter parmi des couples mariés – et inversement. Quant à la femme qui réunit hommes et femmes, cas plus grave encore – il s’agit de la qawwāda (proxénète) –, le détenteur de l’autorité agit selon ce que requiert l’intérêt général.
Il ajoute : « La sanction n’est infligée que pour une faute établie ; la prévention et la mise à l’écart relèvent, elles, du simple soupçon, à l’image d’ʿUmar qui interdit à des garçons de fréquenter un homme soupçonné d’immoralité. » ⦗al-Furūʿ 6/115 (10/119)⦘ (1).
1204 – La sanction par des moyens non explicitement mentionnés dans la Loi :
1205 – Actes entraînant le taʿzîr :
Ibn Mufliḥ dit : « Dans al-Funūn, il est établi que le sultan peut recourir à la siyāsa (politique pénale), voie la plus avisée à nos yeux ; la siyāsa ne se limite pas aux seuls textes révélés, puisque les califes bien guidés – qu’Allah les agrée – ont tué, mutilé, brûlé des feuillets du muṣḥaf, et ʿUmar a exilé Naṣr ibn Ḥajjāj par crainte de la tentation qu’il représentait pour les femmes.
Notre Shaykh commente : le propos démontre la licéité de la sanction et la nécessité d’écarter la corruption ; cela relève des maṣāliḥ mursala (intérêts considérés légitimes sans texte explicite).
Il poursuit : « Dans al-Aḥkām al-Sulṭāniyya, le Qâḍî adopte à ce sujet une position encore plus large. Il dit : »
(1) al-Fatawa, t. 28, p. 106 ; t. 28, pp. 10–109 ; t. 34, p. 181 ; al-Ikhtiyarat d’al-Ba‘li, pp. 432 et 440.
١٢٠٣ - التعزير بالنفي:
- قال ابن مفلح: (ونقل ابن منصور: لا نفي إلا في الزنا والمخنث، وقال القاضي: نفيه دون عام، واحتج به شيخنا وبنفي عمر نصر بن حجاج لما خاف الفتنة به، نفاه من المدينة إلى البصرة، فكيف من عرف ذنبه، ويمنعه العزب السكنى بين متأهلين وعكسه، وأن امرأة تجمع بين الرجال والنساء شر منهم، وهو القوادة، فيفعل ولي الأمر المصلحة.
وقال أيضا: إنما العقوبة على ذنب ثابت، أما المنع والاحتراز فيكون للتهمة، لمنع عمر اجتماع الصبيان بمتهم بالفاحشة) [الفروع ٦/ ١١٥ (١٠/ ١١٩)] (١).
١٢٠٤ - العقوبة بما لم يرد في الشرع:
١٢٠٥ - وأعمال توجب التعزير:
- قال ابن مفلح: (وفي «الفنون»: للسلطان سلوك السياسة، وهو الحزم عندنا، ولا تقف السياسة على ما نطق به الشرع، إذ الخلفاء الراشدون (رضي الله عنها) قد قتلوا ومثلوا وحرقوا المصاحف، ونفى عمر نصر بن حجاج خوف فتنة النساء.
قال شيخنا: مضمونه جواز العقوبة، ودفع المفسدة، وهذا من باب المصالح المرسلة.
قال: وقد سلك القاضي في «الأحكام السلطانية» أوسع من هذا. قال:
(١) «الفتاوى» (٢٨/ ١٠٦، ١٠ - ١٠٩؛ ٣٤/ ١٨١)، «الاختيارات» للبعلي (٤٣٢، ٤٤٠).