Et Shaykh Taqî al-Dîn — après avoir cité les deux versions relatives à la question susmentionnée — a dit : toute injustice qui porte atteinte à l’honneur d’autrui, qu’il s’agisse d’une *ghîba* (médisance) véridique ou d’un *buhtân* (calomnie) mensonger, relève du même statut que le *qadhf* (accusation explicite d’adultère). En effet, le *qadhf* peut être véridique ; prononcé hors de la présence de l’intéressé, il devient alors médisance. Il peut aussi être mensonger, et se transforme dès lors en calomnie. Nos condisciples ont retenu qu’il ne faut pas en informer la victime ; on doit plutôt invoquer pour elle une prière qui, en contrepartie de l’injustice commise, lui soit un bienfait, ainsi que le rapportent les textes. Relève du même principe cette parole du Prophète ﷺ : « Quel que soit le musulman que j’ai injurié, maudit, offensé ou fouetté, fais que cela se change pour lui en prière, en purification et en acte qui le rapproche de Toi au Jour de la Résurrection. » À certains égards, ce hadith est correct quant au sens. Ainsi l’a-t-il déclaré ; ce même sens se trouve dans le *Musnad*, les deux *Sahîh* et d’autres recueils, où l’on voit qu’il subordonne cela à son Seigneur et où l’on lit encore : « Je ne suis qu’un homme ; je me mets en colère comme les hommes se mettent en colère. » … Il se peut — qu’Allah lui fasse miséricorde — que Shaykh Taqî al-Dîn, si Allah le veut, ait visé ce qu’exposent le *Sharḥ* de Muslim et d’autres ouvrages, où les savants ont répondu sous deux angles : 1. Première réponse : la personne visée n’est, dans la réalité connue d’Allah — exalté soit-Il —, pas digne d’une telle invocation ; mais extérieurement elle en paraît pourtant redevable. Le Prophète ﷺ lui manifeste donc, par un indice légal, qu’elle est apparemment passible de cette invocation, alors qu’intérieurement elle ne la mérite pas. Or le Prophète ﷺ est tenu de juger sur l’apparence, tandis qu’Allah — Très-Haut — Se charge des intentions cachées. 2. Seconde réponse : ce qui est advenu de ses propos d’injure ou de prière contre quelqu’un n’était pas réellement voulu. Il s’agit plutôt d’expressions courantes par lesquelles les Arabes enchaînaient leurs paroles sans intention délibérée, telles que *taribat yamînuk* (que ta main se couvre de poussière) ou *ʿuqrâ wa ḥalqâ* (formule stéréotypée de dépréciation) ; ils ne visaient nullement par là un véritable souhait de malédiction. Craignant toutefois qu’elles ne coïncident avec une exaucement, le Prophète ﷺ implora son Seigneur — glorifié soit-Il — de les transformer en miséricorde, expiation, rapprochement, purification et récompense. Pareilles formules ne s’échappaient de sa bouche qu’exceptionnellement, et jamais le Prophète ﷺ —
وقال الشيخ تقي الدين بعد أن ذكر الروايتين في المسألة المذكورة قال: فكل مظلمة في العرض من اغتياب صادق، وبهت كاذب، فهو في معنى القذف، إذ القذف قد يكون صدقا فيكون في المغيب غيبة، وقد يكون كذبا فيكون بهتا، واختار أصحابنا أنه لا يعلمه بل يدعو له دعاء يكون إحسانا إليه في مقابلة مظلمته، كما روي في الأثر. ومن هذا الباب قول النبي ﷺ: «أيما مسلم شتمته، أو لعنته، أو سببته، أو جلدته، فاجعل ذلك له صلاة وزكاة وقربة تقربه إليك يوم القيامة» وهذا صحيح المعنى من وجه. كذا قال، وهذا المعنى في «المسند» و «الصحيحين» وغيرهم، وفيه اشتراط ذلك على ربه وفيه: «إنما أنا بشر أغضب كما يغضب البشر» ... ولعل مراد الشيخ تقي الدين ــ -رحمه الله تعالى- ــ إن شاء الله تعالى ما في «شرح مسلم» وغيره أنه أجاب العلماء بوجهين: أحدهما: المراد ليس بأهل لذلك عند الله – Exalté soit-Il – في باطن الأمر، ولكنه في الظاهر مستوجب له، فيظهر له النبي ﷺ استحقاقه لذلك بأمارة شرعية، ويكون في باطن الأمر ليس أهلا لذلك، وهو ﷺ مأمور بالحكم الظاهر، والله تعالى يتولى السرائر. والثاني: أن ما وقع من سبه ودعائه ونحوه ليس بمقصود، بل هو مما جرت به عادة العرب في وصل كلامهم بلا نية، كقولهم: تربت يمينك، وعقرى وحلقى، لا يقصدون بشيء من ذلك حقيقة الدعاء، فخاف أن يصادف إجابة، فسأل ربه سبحانه ورغب إليه في أن يجعل ذلك رحمة وكفارة وقربة، وطهورا وأجرا، وإنما كان يقع هذا منه نادرا، ولم يكن ﷺ -