1188 – La peine légale (ḥadd) du qadhf n’est exécutée qu’à la demande de la personne diffamée :
– Ibn Mufliḥ dit : « Elle constitue un droit appartenant à l’être humain ; elle est donc annulée si celui-ci pardonne. Al-Qâḍî et ses compagnons rapportent de lui qu’elle ne peut être levée partiellement ; selon une autre version, il s’agit d’un droit relevant d’Allah et, de ce fait, elle n’est pas sujette à pardon. D’après ces deux avis néanmoins, la peine ne saurait être appliquée et il n’est même pas permis d’en instruire la cause sans la requête expresse de la victime. Notre shaykh l’a également mentionné. » ⦗al-Furûʿ 6/93 (10/86)⦘ (1).
1189 – Le qadhf dirigé contre les épouses du Prophète (paix et bénédiction sur lui) :
– Ibn Mufliḥ affirme : « Quiconque accuse la mère du Prophète (paix et bénédiction sur lui) d’adultère devient mécréant et doit être exécuté. Selon une autre narration, s’il se repent il n’est pas mis à mort ; d’après une troisième, il est considéré mécréant malgré l’islam qu’il professe. Cette conclusion est tirée de son propos où il distingue entre le magicien musulman et le magicien dhimmî. Dans al-Manthûr il est dit : “Cette personne est un mécréant ; celui qui l’injurie doit être tué”, point dont on embarrasse l’adversaire.
Diffamer le Prophète lui-même équivaut à diffamer sa mère. L’injure adressée à sa personne est levée par l’entrée en islam, au même titre que l’injure faite à Allah, bien qu’un désaccord existe lorsque l’injurieur est apostat, ainsi que l’ont indiqué le shaykh et d’autres (2).
Notre shaykh ajoute : “Il en est de même de quiconque diffame ses épouses, car cela porte atteinte à sa Religion ; toutefois, il ne les a pas mis à mort” (3).