Chapitre du qadhf (l’accusation calomnieuse)
1185 – La jalousie comme éventuelle excuse à la médisance :
– Ibn Mufliḥ rapporte : « Quiconque profère un qadhf par jalousie – ghayra (avec fatḥa sur le ghayn) – encourt malgré tout la peine légale prévue pour le qadhf. Il existe cependant une autre possibilité (W : M) selon laquelle la jalousie constituerait une excuse autorisant la médisance et assimilés. Nous avons déjà cité, au chapitre du divorce (1), l’avis d’Ibn ʿAqîl et de notre shaykh à ce sujet, en nous fondant sur la parole de ʿÂʾisha – qu’Allah l’agrée – adressée au Prophète ﷺ au sujet de Khadîja : « Que rappelles-tu donc cette vieille aux gencives rouges ? » ainsi que sur cette parole du Prophète ﷺ : « Je sais quand tu es satisfaite de moi et quand tu es courroucée contre moi. »
ʿÂʾisha alla jusqu’à implorer – en mettant ses jambes parmi des touffes d’idhkhar – : « Seigneur, envoie-moi un scorpion ou un serpent qui me morde. » Tous ces récits se trouvent dans les deux Ṣaḥîḥ. On y lit également, d’après Ibn ʿAbbâs – qu’Allah l’agrée – que l’épouse de ʿUmar b. al-Khaṭṭâb – qu’Allah l’agrée – lui dit : « Par Allah ! Les épouses du Prophète ﷺ le contredisent, et l’une d’elles peut le bouder du matin jusqu’au soir. » Je lui dis alors : « Malheur à celle qui fait cela ! Ne craint-elle pas qu’Allah se mette en colère contre elle du fait de la colère de Son Messager, et qu’elle ne périsse ? » ʿUmar raconta cela au Prophète ﷺ, qui se contenta de sourire. Il est encore rapporté qu’ʿUmar avait juré, sous l’effet d’une vive colère contre elles, de ne plus entrer auprès de ses épouses pendant un mois, jusqu’à ce qu’Allah – exalté soit-Il – le réprimande. ⦗al-Furûʿ 6/83-84 (10/72)⦘.
– Il dit encore : « D’après l’opinion apparente d’Aḥmad et de ses condisciples, la jalousie n’est pas une excuse pour médisance ou acte analogue, car les textes sont d’application générale. Il existe toutefois une autre éventualité, que l’on retrouve dans la parole d’Ibn ʿAqîl dans al-Funûn : “Rarement un avis reste valable lorsque l’instinct est en ébullition ; il faut donc différer jusqu’au retour de l’équilibre.” C’est également le sens de la position retenue par Shaykh Taqî al-Dîn, selon laquelle le divorce prononcé sous l’effet d’une colère violente n’est pas effectif tant que cette colère n’a pas cessé et que l’esprit de l’intéressé demeure comme contraint.” ⦗al-Âdâb al-sharʿiyya 2/526⦘.