Chapitre de la qasâma
1167 – Le lûth :
Ibn Mufliḥ a dit : « La qasâma requiert la présence du lûth, c’est-à-dire une inimitié, fût-elle entre un maître et son esclave. Dans Ar-Riʿâya, il ajoute : ou la présence des proches agnatiques d’un tué, comme l’inimitié qui régnait entre les Ansâr et les gens de Khaybar, ou encore entre des tribus qui se pourchassent pour venger un meurtre. ʿAlî ibn Saʿîd rapporte, lui, qu’il s’agit d’une animosité ou d’un esprit de clan.
Selon une autre version, le lûth désigne tout ce qui fait fortement pencher la balance en faveur de la véracité de la plainte : la dispersion d’un groupe autour d’un cadavre, la découverte d’un mort auprès d’un homme dont l’épée est tachée de sang, ou encore le témoignage de personnes dont la déposition n’établit pas légalement l’homicide. Cette opinion a été retenue par Abû Muḥammad al-Jawzî, Ibn Razîn, notre maître et d’autres. ⦗Al-Furûʿ 6/46 (10/16)⦘ (1).
1168 – La qasâma dans les biens :
Ibn al-Qayyim a dit : « Les disciples de Mâlik ont également évoqué la qasâma en matière de biens. Le cas se présente lorsqu’un groupe fait une razzia dans la maison d’un homme et emporte son contenu sous les yeux des gens, sans que ceux-ci aient vu précisément ce qu’ils prenaient, tout en sachant qu’ils ont attaqué et pillé. Ibn al-Qâsim et Ibn al-Mâjishûn ont jugé que la parole revient au pillard, à condition qu’il prête serment. Motraf, Ibn Kinâna et Ibn Ḥabîb ont, quant à eux, estimé que la parole revient à la victime, elle aussi sous serment, dans des situations similaires. Nous avons déjà traité cette question, précisé que tel est le choix de Shaykh al-Islâm, et rapporté ses paroles (qu’Allah lui fasse miséricorde). » ⦗Aṭ-Ṭuruq al-ḥukmiyya 147-148⦘ (2).