qu’il s’agisse d’une personne déjà mariée (muhsan) ou non. Tel est l’avis choisi par Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya (qu’Allah lui fasse miséricorde), lequel déclare : « Nous ne sommes pas ici dans le cas du dafʿ al-ṣâʾil (le fait de repousser un agresseur en train d’attaquer), mais dans celui d’une sanction infligée à un agresseur nocif. De ce fait, il est permis, devant Allah, de tuer celui qui porte atteinte à l’honneur de sa famille, qu’il soit muhsan ou non, déjà connu pour cela ou non » [Zâd al-Maʿâd 5/406]. Ibn Mufliḥ a dit : « Si l’on prétend que la victime, en étant muhsan, avait commis la fornication et que l’on produit deux témoins (1) — avis rapporté par Ibn Manṣûr et adopté par Abû Bakr et d’autres — la prétention est retenue. Abû Ṭâlib et d’autres exigent quatre témoins, opinion choisie par al-Khallâl et d’autres. À défaut de témoins, deux positions existent pour le jugement intérieur (bâṭin), et, selon certains, également pour le jugement extérieur (ẓâhir). Dans la version transmise par Ibn Manṣûr, après ces propos, on lit encore : ʿUbâda b. al-Ṣâmit rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « La demeure de l’homme est le sanctuaire de sa famille ; quiconque pénètre ton sanctuaire, tue-le. » Il en découle qu’aucun taʿzîr (châtiment discrétionnaire) n’est infligé au meurtrier. C’est pourquoi al-Mughnî et d’autres précisent que, si l’héritier reconnaît les faits, il n’y a ni qawad ni diya. Ils se sont appuyés sur une parole de ʿUmar (qu’Allah l’agrée). Leurs propos, tout comme ceux d’Aḥmad cités plus haut, montrent qu’il n’y a aucune différence selon que la personne tuée était muhsan ou non ; c’est également ce qui ressort de ce qui est rapporté de ʿUmar et ʿAlî (qu’Allah les agrée). Plusieurs savants postérieurs — notre maître entre autres — l’ont formulé expressément : il ne s’agit pas d’un ḥadd, mais d’une sanction pour l’agression commise ; autrement, les conditions du ḥadd auraient dû être réunies. Cette première opinion est mentionnée dans le Mustawʿab et ailleurs. [Al-Furûʿ 5/642 (9/374-375)] (2).
(1) À savoir : si le meurtrier prétend que la victime a commis un adultère alors qu’elle était muhsan (protégée par le mariage) devant deux témoins, comme le mentionne al-Insaaf (tome 9, p. 476). (2) Voir : al-Fatawa (tome 13, pp. 22-23 ; tome 15, p. 122 ; tome 28, p. 320), al-Ikhtiyarat d’al-Ba‘li (p. 420).
محصنا كان أو غيره ... وهذا اختيار شيخ الإسلام ابن تيمية (رحمه الله)، وقال: ليس هذا من باب دفع الصائل، بل من باب عقوبة المعتدي المؤذي، وعلى هذا فيجوز له فيما بينه وبين الله تعالى قتل من اعتدى على حريمه، سواءً كان محصنًا، أو غير محصن، معروفًا بذلك أو غير معروف) [زاد المعاد ٥/ ٤٠٦]. - وقال ابن مفلح: (وإن ادعى زنا محصن بشاهدين (١) ــ نقله ابن منصور، واختاره أبو بكر وغيره، ونقل أبو طالب وغيره: أربعة، اختاره الخلال وغيره ــ قبل، وإلا ففيه باطنا وجهان، وقيل: وظاهرا. وقال في رواية ابن منصور بعد كلامه الأول: وقد روى عبادة بن الصامت عن النبي ﷺ : «منزل الرجل حريمه، فمن دخل عليك حريمك فاقتله» فدل أنه لا يعزر، ولهذا ذكر في «المغني» وغيره: إن اعترف الولي بذلك فلا قود ولا دية، واحتج بقول عمر (رضي الله عنه)، وكلامهم وكلام أحمد السابق يدل على أنه لا فرق بين كونه محصنا أو لا، وكذا ما يروى عن عمر وعلي (رضي الله عنه)، وصرح به بعض المتأخرين ــ كشيخنا وغيره ـ لأنه ليس بحد، وإنما هو عقوبة على فعله، وإلا لاعتبرت فيه شروط الحد، والأول ذكره في «المستوعب» وغيره) [الفروع ٥/ ٦٤٢ (٩/ ٣٧٤ - ٣٧٥)] (٢).
(١) أي: إذا ادعى القاتل أن المقتول زنى وهو محصن بشاهدين، كما في «الإنصاف» (٩/ ٤٧٦). (٢) انظر: «الفتاوى» (١٣/ ٢٢ - ٢٣؛ ١٥/ ١٢٢؛ ٢٨/ ٣٢٠)، «الاختيارات» للبعلي (٤٢٠).