le deuxième époux, le premier pourra reprendre vie commune avec elle après l’écoulement de son ʿidda ; il lui est également loisible de la laisser auprès du second. Le Shaykh a toutefois estimé qu’un nouveau contrat était requis. S’il la lui laisse, deux versions sont rapportées quant :
– au droit, pour le premier ou pour le second, de récupérer la dot qu’ils lui avaient versée ;
– au droit du second d’en exiger le remboursement auprès d’elle.
Ibn ʿAqîl déclare que, selon l’analogie, le premier n’en récupère rien. Plusieurs savants soutiennent que, par analogie, elle revient automatiquement au premier, sans option, à moins que la séparation n’ait déjà pris effet intérieurement ; dans ce cas, elle appartient au second. Abû Ṭâlib rapporte encore qu’il n’y a pas de choix pour le premier si elle est décédée, et que, pour l’esclave-femme, tout se calcule à la moitié de la femme libre, comme pour l’ʿidda.
Notre maître affirme qu’elle demeure l’épouse du second, extérieurement comme intérieurement, et qu’elle hérite de lui (1) – ainsi l’ont mentionné nos condisciples. Hérite-t-elle du premier ? Abû Jaʿfar (2) répond par l’affirmative, tandis que d’autres (3) contestent. Ainsi, chaque fois que le premier réapparaît, la séparation s’impose et le mariage du second est mis en suspens : s’il la reprend, le contrat du second est alors annulé ; s’il ratifie la situation, le mariage du second est confirmé. ⦗Al-Furûʿ 5/546-548 (9/250-252)⦘ (4).
1125 – Si l’on sépare deux époux pour une cause qui, en principe, entraîne la dissolution, puis qu’il apparaît que cette cause était inexistante :
– Ibn Mufliḥ dit : « Notre maître a affirmé : chaque fois qu’on sépare les époux pour une raison qui impose la rupture, … »
(1) Dans sa Hâchya sur al-Furu‘ (vol. 164/A), Ibn Naṣr Allâh commente que l’expression « et qu’elle lui hérite » signifie que son droit à l’héritage subsiste tant que le premier héritier n’est pas manifesté. C’est pourquoi il ajoute ensuite « et quand bien le premier apparaîtrait », indiquant que la disposition initiale ne vaut que si le premier héritier reste absent jusqu’à son apparition.
(2) Toujours dans la Hâshiya sur al-Furu‘ (vol. 164/A), Ibn Naṣr Allâh note : « Ainsi dans les manuscrits, mais la forme correcte est Abû Ḥafs. »
(3) Dans Taṣḥîḥ al-Furu‘, al-Mardâwî signale : « Note : Cheikh Taqî ad-Dîn a dit : “Elle est l’épouse du second, extérieurement et intérieurement, et elle lui hérite ; c’est l’avis de nos maîtres. Quant au premier, Abu Ja‘far répond qu’elle lui hérite, mais d’autres diffèrent.” » Cela peut relever d’un complément apporté par Taqî ad-Dîn — hypothèse la plus plausible — ou du propre auteur de l’ouvrage. Quoi qu’il en soit, l’avis juste de l’école est qu’elle n’hérite pas du premier, comme l’indiquait déjà l’autre Abu Ja‘far.
(4) Les Ikhtiyârât d’al-Ba‘lî (p. 404) ; voir aussi les Fatâwâ (vol. 20, pp. 576-582).
الثاني، ويطأ بعد عدته، وله تركها معه، وقال الشيخ: بعقد ثان، فإن تركها ففي أخذه ما مهرها هو أو الثاني، وفي رجوع الثاني عليها به، روايتان، وقال ابن عقيل: القياس لا يأخذه، وقال جماعة: القياس أنها للأول بلا خيار، إلا أن تقع الفرقة باطنا فللثاني، ونقل أبو طالب: لا خيار للأول مع موتها، وأن الأمة كنصف حرة، كالعدة.
وقال شيخنا: هي زوجة الثاني ظاهرا وباطنا وترثه (١)، ذكره أصحابنا، وهل ترث الأول؟ قال أبو جعفر (٢): ترثه، وخالفه غيره (٣)، وأن متى ظهر الأول فالفرقة ونكاح الثاني موقوف، فإن أخذها بطل نكاح الثاني حينئذ، وإن أمضى ثبت نكاح الثاني) [الفروع ٥/ ٥٤٦ - ٥٤٨ (٩/ ٢٥٠ - ٢٥٢)] (٤).
١١٢٥ - إذا فرق بين الزوجين لسبب يوجب الفرقة ثم بان انتفاؤه:
- قال ابن مفلح: (وقال شيخنا: متى فرق بينهما لسبب يوجب الفرقة،
(١) قال ابن نصر الله في «حاشيته على الفروع» (ل ١٦٤/أ): (قوله: «وترثه» لعل إرثها له ما لم يظهر الأول، فلهذا قال بعده: «وأن متى ظهر الأول» فدل على أن الكلام الأول في حال فقد الأول قبل ظهوره).
(٢) قال ابن نصر الله في «حاشيته على الفروع» (ل ١٦٤/أ): (كذا في النسخ، وصوابه: أبو حفص).
(٣) قال المرداوي في «تصحيح الفروع»: (تنبيه: قوله «وقال شيخنا: هي زوجة الثاني ظاهرا وباطنا وترثه، ذكره أصحابنا، وهل ترث الأول؟ قال أبو جعفر: ترثه، وخالفه غيره» انتهى، يحتمل أن يكون هذا من تتمة كلام الشيخ تقي الدين، وهو الظاهر، ويحتمل أن يكون من كلام المصنف، وعلى كل تقدير الصحيح من المذهب أنها لا ترثه، كما قاله غير الشريف أبي جعفر).
(٤) «الاختيارات» للبعلي (٤٠٤)، وانظر: «الفتاوى» (٢٠/ ٥٧٦ - ٥٨٢).